Bruxelles, 07/04/2011 (Agence Europe) - Certains auraient voulu un gel ou une réduction plus importante: le budget prévisionnel du Parlement européen pour 2012, qui a été adopté mercredi 6 avril par le Parlement européen, s'élève à 1,725 milliards d'euros. Ce qui représente une hausse de 2,3% par rapport au budget 2011, mais reste en dessous du niveau d'inflation prévue pour l'UE, qui serait de 2,8%. Le rapport de José Manuel Fernandes (PPE, portugais) sur l'état prévisionnel des dépenses du PE pour 2012 a été adopté avec 479 voix pour, 176 contre et 23 abstentions. Ce projet a été envoyé à la Commission européenne, qui présentera dans deux semaines les propositions sur le budget général de l'UE pour 2012.
Les députés ont réduit de 13,7 millions d'euros les dépenses par rapport aux propositions initiales. Grâce notamment à des économies dans le domaine du financement des partis politiques et des fondations, des campagnes d'information, de l'informatique, de l'entretien des bâtiments et du nombre de postes prévus. Les députés escomptent des frais réduits grâce à la diminution du recours à des services extérieurs et à la modernisation et à la rationalisation de l'administration du PE. Ils demandent également de réduire la consommation d'eau, d'électricité et de papier, ainsi que les frais de transport résultant des déplacements.
Le PE demande aussi une révision à long terme du budget du Parlement européen, visant à identifier les économies potentielles. En ce qui concerne la sécurité du Parlement, les députés ont placé 3 millions du budget dans une réserve qui sera débloquée lorsqu'un plan de dépenses sera disponible. Les crédits concernant l'arrivée des 18 nouveaux députés (grâce à l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne) et les coûts relatifs à la préparation de l'adhésion de la Croatie à l'UE ont été reportés jusqu'à ce que les décisions finales soient prises.
À noter que le PE n'approuve pas la création d'une nouvelle ligne budgétaire, à ce stade, pour la Maison de l'histoire européenne. Il demande dès lors que le million d'euros qui devait être affecté au nouveau poste 3247 (Maison de l'histoire européenne) soit transféré au chapitre 10 1 (réserve pour imprévus).
La Commission européenne proposait une hausse de 1%, le Bureau du Parlement avait songé à 5%, la commission des budgets a finalement suivi son rapporteur, José Manuel Fernandes, qui demande pour 2012 une hausse de 2,3% des dépenses administratives du PE (EUROPE n° 10345). Malgré cette hausse, a souligné le rapporteur en plénière, ce budget représenterait en 2012 19,7% des dépenses administratives de l'Union, contre 20,3% en 2010). M. Fernandes propose par ailleurs une réduction de 100 millions d'euros du plafond de la rubrique 5 (administration) et une augmentation correspondante des autres rubriques en faveur de la jeunesse.
Excellente idée, trouve l'Allemande Monika Hohlmeier au nom du PPE, qui plaide aussi pour la rigueur financière en ce qui concerne les bâtiments. De nombreux parlementaires auraient souhaité que le Parlement aille plus loin dans les économies, notamment le Britannique Derek Vaughan, pour le groupe S&D, même s'il reconnaît que de réels efforts ont été faits (bâtiments, campagnes d'information, diminution du fonds de réserve). L'idée de fonds pour la jeunesse ne lui déplaît pas, mais il souhaite une discussion approfondie.
L'Allemand Alexander Alvaro, pour le groupe ADLE, se demande par contre ce que cette proposition a à faire dans ce rapport. Il insiste sur les importants « réservoirs d'économie » encore existants et constate qu'une grande partie des dépenses non réalisées seront tout simplement reportées à 2013-2014. Pour les Verts/ALE, l'Allemande Helga Trüpel voit dans les fonds pour la jeunesse une « astuce politique » acceptable, si elle ne se fait pas au détriment d'agences telles que la nouvelle agence pour la sécurité alimentaire. Le Hongrois Lajos Bokros, pour le groupe CRE, est de ceux qui plaident pour l'austérité: chauffons moins, ne gaspillons pas l'électricité et prenons le tram, exhorte-t-il. Et le Portugais Miguel Portas, pour la GUE/NGL, trouve les dépenses du PE excessives et même extravagantes: pourquoi ne pas décider d'un gel ? Dans le même esprit, la Britannique Marta Andreasen, pour le groupe EFD, estime que certains postes augmentent considérablement sans aucune raison véritable. Mme Andreasen veut en savoir plus sur la Maison de l'histoire européenne (pour laquelle le rapporteur demande une révision à la baisse, sans inscrire pour l'instant une ligne budgétaire pour ce poste).
La question de la Maison européenne a mobilisé de nombreux parlementaires. Certains sont pour en principe, notamment le socialiste suédois Göran Färm, qui pense que ce projet a un sens mais se demande si c'est bien l'affaire du PE, ou la libérale danoise Anne Jensen, qui exige cependant la plus grande transparence tout au long de toute la procédure. C'est une idée qui a été lancée sous la législature précédente, a rappelé le libéral finlandais Karl Haglund, qui voudrait cependant que l'on vote sur l'opportunité de poursuivre ce projet. Pourquoi ne pas revenir en arrière, s'interroge au contraire le Néerlandais Peter Van Dalen (CRE). Son compatriote libéral Gerben-Jan Gerbrandy a lancé un appel aux élus pro-européens (comme lui): ne donnons pas, en demandant trop, prétexte à ceux qui essaient d'utiliser le budget contre l'Europe. (L.G.)