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Bulletin Quotidien Europe N° 10351
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/espace

La Commission présente l'ébauche d'une stratégie spatiale de l'UE

Bruxelles, 04/04/2011 (Agence Europe) - « L'espace est un élément stratégique pour l'indépendance de l'Europe, la création d'emplois et la compétitivité. Les activités dans le secteur de l'espace créent des emplois hautement qualifiés, stimulent l'innovation, offrent de nouvelles opportunités commerciales et améliorent le bien-être des citoyens et la sécurité. C'est pourquoi nous devons renforcer la politique spatiale européenne pour tirer au mieux parti des bénéfices sociaux et économiques qu'elle offre à l'industrie et aux PME. Pour réaliser nos objectifs, l'Europe doit garder un accès indépendant à l'espace ». C'est en ces termes que le vice-président de la Commission européenne chargé de l'industrie, Antonio Tajani, a présenté à la presse, lundi 4 avril à Frascati (Italie), la communication de la Commission intitulée « Vers une stratégie spatiale de l'Union européenne au service du citoyen ». Un texte qui esquisse les grandes priorités de cette stratégie dont l'élaboration est désormais possible grâce au Traité de Lisbonne (article 189 du TFUE).

Face à des enjeux économiques, sociétaux et stratégiques importants, la communication rendue publique lundi établit des priorités pour la future politique spatiale de l'UE: - mener à bien les programmes européens de radionavigation par satellite Galileo et EGNOS. Par exemple, un service récemment introduit dans le cadre d'EGNOS permet de réaliser des approches de précision et rend plus sûre la navigation aérienne ; - mettre en œuvre, avec les États membres, le programme européen de surveillance de la Terre (GMES) qui est conçu pour la surveillance des terres, des océans, de l'atmosphère, de la qualité de l'air et du changement climatique, ainsi que pour les interventions d'urgence et la sécurité, l'objectif étant que le programme soit pleinement opérationnel à partir de 2014 ; - protéger les infrastructures spatiales contre les débris spatiaux, les radiations solaires et les astéroïdes en créant un système européen de veille situationnelle dans l'espace (Space Situation Awareness - SSA) ; - identifier et soutenir des actions au niveau de l'UE dans le domaine de l'exploration spatiale. L'Union pourrait notamment examiner des options de collaboration avec la station spatiale internationale ISS, garantissant ainsi une participation de tous les États membres ; - mener une politique de l'industrie spatiale élaborée en étroite collaboration avec l'Agence spatiale européenne (ESA) et les États membres ; - soutenir la recherche et le développement pour accroître l'indépendance technologique européenne et garantir que l'innovation dans ce domaine profitera aux secteurs non spatiaux et aux citoyens. Les satellites de communication jouent un rôle clé dans ce contexte, note la Commission ; - renforcer les partenariats avec les États membres de l'UE et l'Agence spatiale européenne et mettre en œuvre des systèmes de gestion améliorés.

Dans sa communication, la Commission indique qu'elle poursuivra le dialogue avec les États-Unis et la Russie et qu'elle entamera des discussions avec d'autres nations spatiales comme la Chine afin de développer davantage de synergies. L'espace devrait devenir une partie intégrante de la politique extérieure de l'UE, notamment au profit de l'Afrique, souligne encore la Commission.

La Commission étudie la possibilité de présenter une proposition pour un programme spatial européen en 2011. En tenant compte des réponses à la communication présentée lundi 4 avril, elle déterminera sa stratégie qui s'inscrira dans sa proposition de juin sur le prochain cadre financier pluriannuel.

L'industrie spatiale européenne génère un chiffre d'affaires consolidé de 5,4 milliards d'euros et emploie plus de 31 000 personnes hautement qualifiées. Les 11 principaux opérateurs de satellites en Europe exploitent 153 satellites de communication, emploient 6 000 personnes et réalisent un chiffre d'affaires annuel de 6 milliards d'euros ; leur activité a également des effets de retombée sur 30 000 emplois. On estime que, dès à présent, 6 à 7 % du PIB des pays occidentaux, soit 800 milliards d'euros dans l'UE, dépendent de la radionavigation par satellite.

Les marchés des services spatiaux connaissent une croissance rapide. Par exemple, le chiffre d'affaires annuel mondial des applications GNSS devrait atteindre environ 240 milliards d'euros à l'horizon 2020. Par ailleurs, grâce à leurs avantages par rapport aux autres systèmes concurrents, Galileo et EGNOS devraient générer des bénéfices économiques et sociaux de l'ordre de 60 à 90 milliards d'euros au cours des 20 prochaines années, estime la Commission.

Selon l'OCDE, le marché mondial des données commerciales d'observation de la Terre, qui représentait 735 millions de dollars en 2007, pourrait atteindre quelque 3 milliards d'euros en 2017.

Le système SSA (Space Situational Awareness) aiderait à réduire les pertes quantifiables estimées que provoquent, pour les moyens spatiaux européens, la collision avec des débris et les intempéries spatiales et qui, sur la base des données disponibles, s'élèvent à environ 332 millions d'euros en moyenne chaque année.

La Commission fait néanmoins valoir que les bénéfices estimés du développement de l'industrie spatiale européenne ne tiennent pas compte des coûts découlant d'éventuels incidents ou accidents (perte d'un satellite et ses conséquences, chutes d'objets évoluant près de la terre, etc.). (O.L.)

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