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Bulletin Quotidien Europe N° 10351
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/libye

Offensive diplomatique de Kadhafi, Ashton refuse tout contact

Bruxelles, 04/04/2011 (Agence Europe) - Alors que certains pays de l'UE (Grèce, Malte) et de l'OTAN (Turquie) ont été approchés par des émissaires de Kadhafi, apparemment en vue de négocier une solution de sortie du conflit en Libye, le service diplomatique européen de Catherine Ashton refuse tout contact avec le régime du colonel « qui n'a plus aucune légitimité et qui doit partir ». L'option, colportée dans la presse, selon laquelle l'un des fils Kadhafi pourrait prendre la place du père pour ensuite négocier un cessez-le-feu et une issue diplomatique au conflit est aussi exclue par la patronne du service européen pour l'action extérieure (SEAE). « Nous n'avons pas de contact avec le régime Kadhafi et ça reste comme ça », a dit le porte-parole de Mme Ashton lundi 4 avril. Le « régime Kadhafi » inclut forcément aussi ses fils, a-t-il précisé. Est-ce que l'UE exclut donc que des membres ou proches du régime puissent jouer un rôle dans la recherche d'une solution ? « Difficile d'y répondre maintenant (…) La situation sur le terrain change tout le temps. Je ne peux pas dire aujourd'hui avec qui nous pouvons discuter, avec qui nous ne pouvons pas discuter », a-t-il répondu. Le fait que des États membres aient des contacts directs avec des émissaires de Kadhafi ne dérange pas Mme Ashton. « L'important pour nous c'est qu'il ait une transition démocratique en Libye. Pour cela il faut discuter avec plusieurs partenaires », et les États membres sont parfaitement habilités à le faire, affirme son porte-parole.

Kadhafi cherche une solution diplomatique. Le vice-ministre libyen des Affaires étrangères, Abdelati Laabidi, s'est rendu dimanche 3 avril en Grèce où il a rencontré le Premier ministre grec Georges Papandréou et le ministre des Affaires étrangères, Dimitris Droutsas. « Selon les mots utilisés par l'envoyé libyen, il apparaît que le régime cherche une solution », a déclaré M. Droutsas après les pourparlers. Sans donner les détails des propositions, le ministre grec a estimé que la mission de l'émissaire de Tripoli était un « premier pas important » vers un règlement diplomatique du conflit. L'émissaire libyen était lundi 4 avril en Turquie et à Malte. « Malte a accepté de le rencontrer pour lui transmettre le message de La Valette qui consiste à appeler à l'arrêt de toute violence », a déclaré le Premier ministre maltais Lawrence Gonzi. La Turquie, elle aussi, s'est fixé comme objectif l'arrêt immédiat des hostilités. Ankara affirme même avoir reçu des demandes de médiation « provenant des deux parties belligérantes », du régime et des insurgés. L'Italie suit l'initiative diplomatique de Kadhafi avec beaucoup de méfiance. Les propositions transmises par Tripoli « ne sont pas crédibles » car elles ne prévoient qu'un cessez-le-feu mais pas le départ de Kadhafi, a déclaré le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, lundi après un entretien téléphonique avec le Premier ministre grec sur le contenu des entretiens de la veille. À Londres, un porte-parole de David Cameron a démenti que le Royaume-Uni cherchait une « stratégie de sortie pour Kadhafi ». Entre-temps, l'Italie est devenu le deuxième pays de l'UE (après la France) à reconnaître le Conseil national de transition (CNT) à Benghazi comme « seul interlocuteur légitime » en Libye. La décision italienne ne change cependant rien à la position de l'UE qui reste celle approuvée par le Conseil européen du 11 mars, à savoir que le CNT est « un interlocuteur politique », sans légitimité exclusive, a dit le porte-parole de Mme Ashton.

Mission de l'UE. Une mission de fonctionnaires du SEAE et de la Commission doit arriver ce mardi 5 avril à Benghazi pour se faire une idée précise de la situation sur place et s'entretenir avec des responsables du CNT, avec d'autres groupes d'opposition ainsi que des représentants de la société civile. (H.B.)

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