Bruxelles, 30/03/2011 (Agence Europe) - La Commission européenne a critiqué, mercredi 30 mars, la nouvelle dégradation de la notation attribuée à la Grèce par l'agence de rating Standard & Poor's (BB+ à BB-) en raison de craintes sur une possible restructuration de la dette souveraine du pays. « Nous ne partageons pas cette évaluation », a déclaré le porte-parole du commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn. Partagé par le Fonds monétaire international et la Banque centrale européenne, le constat de la Commission est « clair et transparent »: « la Grèce est en train d'appliquer globalement tous les éléments du programme d'ajustement économique » et il n'y a pas de raison de croire que les choses puissent déraper, a-t-il ajouté. Il a aussi fait référence à la pertinence des chiffres sur le déficit public émis par l'institution statistique grecque et validés par l'Office européen des statistiques Eurostat.
Reconnaissant que les agences internationales de rating exercent « une influence très grande et parfois déterminante » sur les comportements des acteurs financiers, le porte-parole de M. Rehn a rappelé les « progrès » accomplis en matière de réglementation des agences de notation établies dans l'Union européenne. Adopté fin 2010, un règlement européen attribue la supervision des agences à l'Autorité européenne de supervision des marchés de valeurs mobilières (ESMA). M. Rehn et son homologue chargé du marché intérieur Michel Barnier ont évoqué les travaux en cours au sein de la Commission qui déboucheront, à l'automne, sur des propositions « fondamentales » de réforme d'un marché oligopolistique de la notation financière. Ils réagissaient à la dégradation de la notation grecque par l'agence Moody's juste avant le Sommet de l'Eurozone (EUROPE n°10334).
Le ministère grec des Finances juge « déséquilibrée et injuste » l'analyse de l'agence Standard & Poor's portant sur les résultats du Conseil européen, la mise en œuvre par Athènes du programme d'ajustement économique et les perspectives de l'économie grecque. Selon lui, l'agence de rating occulte le fait que le plan d'austérité anticipe un retour dès 2012 de la Grèce sur les marchés financiers et que le pays bénéficie désormais de meilleures conditions de prêt (prolongation à sept ans de la durée de remboursement des prêts et diminution de 1% du taux d'intérêt fixé). Seraient aussi ignorés l'engagement du gouvernement grec à procéder à un vaste programme de privatisation de 50 milliards dont le produit ira au remboursement de la dette publique, ainsi que la présentation en mai d'un plan budgétaire visant à ramener le déficit public national à 1% du PIB national d'ici 2015. La dette publique grecque se situe autour de 150% du PIB. L'agence Standard & Poor's a aussi dégradé, par deux fois en une semaine, la notation du Portugal. (M.B.)