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Bulletin Quotidien Europe N° 10348
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/omc/doha

La persistance des divergences assombrit les perspectives

Bruxelles, 30/03/2011 (Agence Europe) - Les fortes divergences qui demeurent entre les 143 pays membres de l'OMC dans les négociations du round de Doha rendent difficile la perspective d'un compromis en juillet, puis d'un accord définitif avant la fin de l'année, voulu par le G20. Les capitales devront faire preuve d'une grande flexibilité s'ils veulent, à cette fin, avoir des projets de compromis révisés sur les trois dossiers clés - agriculture, produits industriels et services - sur la table pour Pâques. Jugeant la situation « grave », le patron de l'OMC Pascal Lamy va démarrer le 4 avril des consultations séparées avec les principaux acteurs.

D'ordinaire optimiste, Pascal Lamy n'a pas caché son exaspération mardi devant le Comité de négociations commerciales de l'OMC, évoquant pour la première fois un échec possible du round de Doha, et invitant les membres à bien en mesurer les conséquences. « C'est l'heure pour vous, en particulier pour ceux qui ont les plus grandes responsabilités du système, de penser aux coûts d'un échec sur l'économie mondiale, sur les perspectives de développement des pays plus faibles qui comptent sur un système multilatéral basé sur des règles. C'est aussi l'heure de penser aux conséquences sur tout ce que nous avons construit depuis 70 ans », a martelé le patron de l'OMC, devant les ambassadeurs des pays membres le 29 mars.

« En toute honnêteté, nous sommes loin du compte ». À moins d'un mois de l'échéance fixée pour présenter des projets de compromis révisés sur chacun des trois piliers majeurs de la négociation, M. Lamy a averti mardi que les divergences restaient « trop grandes » pour produire de tels textes d'ici Pâques (24-25 avril). Le patron de l'OMC a identifié le volet des accords sectoriels (sectorals) dans les produits industriels, qui visent une élimination progressive, sur une base volontaire, des tarifs dans 14 secteurs industriels clés tels que l'automobile, l'électronique, les machines, les jouets, les produits chimiques, les textiles, comme étant la principale pierre d'achoppement. Mais pas la seule. « L'absence de progrès sur les accords sectoriels constitue aujourd'hui un obstacle majeur pour progresser sur les autres questions relatives à l'accès au marché. Mais d'autres questions n'ont pas été résolues en agriculture et en matière de services », a insisté M. Lamy.

Les divergences semblant insurmontables en matière de libéralisation des droits de douane sur les produits industriels, M. Lamy va démarrer le 4 avril des consultations séparées, en « confessionnel » pendant deux semaines avec les principaux acteurs. Le patron de l'OMC veut analyser les intentions d'un échantillon représentatif de pays avant de décider de la marche à suivre.

Mardi, les ambassadeurs des pays membres ont aussi exprimé leur frustration devant l'absence de progrès substantiels depuis l'échec de 2008. Ainsi, l'ambassadeur des États-Unis Michael Punke, dont le pays est largement critiqué en coulisses pour son immobilisme, a déploré la lenteur du rythme des discussions et la persistance de divergences « immenses ». Le responsable américain a aussi dit douter de l'opportunité de produire des textes révisés à Pâques, se demandant si leur publication ne va pas faire plus de mal que de bien. « Les informations sur les récentes discussions bilatérales montrent clairement que les divergences entre les partenaires clés des négociations sont très importantes. Des parties impliquées dans les bilatérales considèrent même qu'elles sont irréversibles. Nous sommes prêts à faire des concessions parce qu'il y a de la réciprocité manifeste de la part de nos interlocuteurs », a averti de son côté l'ambassadeur du Brésil, Roberto Azevedo. La Chine a pour sa part maintenu son refus de faire de nouvelles concessions sur les produits industriels, assurant que « ce qui est exigé d'elle dépasse [ses] possibilités, même si [elle veut] tout faire pour sauver le round ». « Nous sommes à un point critique où la fenêtre d'opportunité soulignée par le G20 est en train de se fermer. Soit nous parvenons rapidement à une solution pour combler les différences notamment dans le domaine de l'accès au marché pour les produits industriels (NAMA), soit nous ne serons pas en mesure de conclure le round en 2011 », a résumé devant la presse l'ambassadeur du Mexique Fernando de Matteo.

Côté européen, la Commission se dit « consciente des difficultés actuelles », mais précise « ne pas envisager un échec à ce stade ». « Les divergences sont incontestablement importantes, mais nous ne sommes pas prêts à dire que nous ne pouvons pas les aplanir », commente John Clancy, porte-parole du commissaire au Commerce Karel De Gucht. De nouvelles consultations sont nécessaires en petits groupes, notamment dans le cadre du G7 (Australie, Brésil, Chine, États-Unis, Inde, Japon et UE), et l'UE reste engagée « en substance » dans les négociations sectorielles NAMA, qui sont « la clé » des pourparlers, a-t-il conclu. (E.H.)

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