Bruxelles, 30/03/2011 (Agence Europe) - Les pouvoirs locaux et régionaux seront-ils ou non représentés dans la communication sur les futures orientations de la politique européenne de développement que publiera la Commission européenne à l'automne prochain ? «Je vous assure que les autorités locales et régionales seront bien représentées dans la communication de la Commission sur la coopération au développement qui sera publiée à l'automne prochain », a affirmé le commissaire Andris Piebalgs (Développement) lors de la conférence PLATFORMA « Deux ans d'action européenne » le 29 mars à Bruxelles. Cette communication fera suite au Livre vert de la Commission sur l'avenir de la politique de développement post-2013, auquel le Conseil Affaires étrangères du 10 décembre 2010 avait réservé un bon accueil (EUROPE n°10275) mais qui ne fait aucune référence aux pouvoirs locaux et régionaux.
Continuer à collaborer avec la Commission, tel est le souhait du Conseil des Communes et Régions d'Europe (CCRE). Son président, Wolfgang Schuster, a estimé que cela permettait d'assurer une meilleure visibilité et reconnaissance des autorités locales et régionales dans la coopération. Wolfgang Schuster a également mis en exergue le fait que, malgré leurs rôles différents en matière de développement, les collectivités et les ONG sont capables de travailler ensemble et de créer des synergies produisant un impact réel sur le terrain.
« La Commission devrait envisager de faire un bilan global de l'aide européenne octroyée au titre de la gouvernance locale sous différentes formes, qu'elles soient budgétaire, sectorielle, thématique, projet ou financements directs », a affirmé Pierre Shapira, car cela permettrait d'identifier les risques et les opportunités d'une décentralisation de l'appui budgétaire. L'adjoint au maire de Paris chargé de la coopération internationale a ajouté que le mécanisme des appels à propositions de la Commission devrait aussi être adapté plus en profondeur aux spécificités des autorités locales et régionales.
En faisant l'inventaire des besoins des collectivités et de leurs citoyens, on remarque que la difficulté, c'est le financement et non pas la répartition des compétences entre les différents niveaux de gouvernance, a constaté le député européen luxembourgeois Charles Goerens (ADLE). Pour lui, c'est à l'État de subventionner ou cofinancer car c'est l'institution la plus proche de la commune. Quant à la Commission, elle devrait se concentrer sur la coordination des politiques pour le développement des États membres, a-t-il estimé.
Pour Dave Wilcox, membre du Derbyshire County Council, la coopération au développement est un partage mutuel d'expérience. La politique de développement a pour objet le transfert de connaissance et non seulement le transfert d'argent, a noté quant à lui Andris Piebalgs. En tant qu'Européens, nous avons tiré des leçons de notre histoire et des erreurs commises dans le passé. Nous devons agir en conséquence, a-t-il conclu.
Dans son communiqué, le CCRE indique également que PLATFORMA, la plateforme européenne des autorités locales et régionales pour le développement, a lancé sa publication « Coopérations décentralisées pour le développement - Perspectives européennes » le 28 mars à Bruxelles. Cette publication propose des exemples d'actions conduites par les autorités locales et régionales européennes en partenariat avec leurs homologues. Elle permet ainsi au lecteur d'appréhender la diversité et la qualité des projets conduits.(G.B.)