Bruxelles, 30/03/2011 (Agence Europe) - Catherine Ashton a dressé un bilan positif de la réunion ministérielle du « Groupe de contact » sur la Libye le 29 mars à Londres à laquelle elle a participé au nom de l'UE. « Je suis très encouragée par les progrès que nous avons faits aujourd'hui (…) La réunion a confirmé que la communauté internationale est unie dans sa détermination à mettre rapidement en oeuvre la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU et à dire que le régime du colonel Kadhafi a complètement perdu sa légitimité », a déclaré la Haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères. L'UE salue aussi le fait que tous les membres du Groupe de contact sont prêts à aider la Libye à réussir sa « transition démocratique », a souligné Mme Ashton. « Nous avons surtout souligné que l'avenir (du pays) réside dans les mains du peuple libyen ». Kadhafi doit partir immédiatement pour permettre une « transition ordonnée vers la démocratie », a-t-elle ajouté. Même si l'UE, en tant que bloc, ne joue finalement aucun rôle militaire en Libye, elle participe avec d'autres organisations internationales (ONU, Union africaine, Ligue arabe) au Groupe de contact international mis en place pour assurer le pilotage politique de l'intervention, coordonner le soutien international et accompagner la transformation de la Libye. « Dès le départ, l'UE a répondu rapidement à la crise en Libye », à travers des sanctions économiques (plusieurs fois renforcées depuis lors) et une aide humanitaire importante, a rappelé Mme Ashton le 29 mars à Londres. L'UE est prête à augmenter davantage cette aide, a-t-elle dit. Le Groupe de contact tiendra une prochaine réunion au Qatar et la suivante en Italie, « dans quelques semaines ».
Que faire de Kadhafi ? S'il y a consensus de la communauté internationale sur le fait que Kadhafi doit partir immédiatement, les avis divergent encore sur le sort qui devrait lui être réservé. Pour l'opposition libyenne, le colonel doit être jugé pour crimes contre l'humanité et ne pas bénéficier d'une porte de sortie vers l'exil. La France, rappelant que l'intervention militaire en Libye n'a pas comme objectif de renverser le régime Kadhafi (mais juste de protéger la population civile contre ses exactions), estime que « c'est au peuple libyen de décider » comme l'a encore dit le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé mardi à Londres. Le Royaume-Uni, par la voix de son ministre des Affaires étrangères William Hague, a fait savoir que le dirigeant libyen « devrait faire face à la Cour pénale internationale » sans toutefois exclure la possibilité d'un exil à l'étranger dans le cadre d'une solution politique au conflit. Cette option est privilégiée par l'Italie. Présenté par le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, le plan de Rome - qui cherche à y associer Berlin - préconise un cessez-le-feu rapide, l'exil pour Mouammar Kadhafi, de préférence dans un pays africain ou au Venezuela, et un dialogue entre les rebelles et les chefs tribaux en Libye. L'Espagne n'exclut pas, elle non plus, l'hypothèse d'un exil. Celui-ci reste « juridiquement » possible, a estimé à Londres la ministre espagnole des Affaires étrangères, Trinidad Jimenez. (H.B.)