Bruxelles, 30/03/2011 (Agence Europe) - Au lendemain de l'alerte au plutonium détecté dans le sol autour de la centrale de Fukushima, la Commission européenne a confirmé mercredi à la presse, qu'à ce stade, les contrôles renforcés sur les importations d'aliments en provenance du Japon ne portaient pas sur cet élément chimique radioactif, mais que, si nécessaire, des mesures seraient prises dans ce sens. À cette occasion, la Commission a démenti, en réponse à des interrogations des journalistes, que les limites maximales de contamination des produits alimentaires autorisées par la législation de l'UE auraient été relevées pour les denrées importées du Japon.
« Le règlement de la Commission adopté la semaine dernière (EUROPE n° 10345) est une application partielle du règlement EURATOM 3954/87 adopté après l'accident nucléaire de Tchernobyl. Il parle de contrôles sur l'iode et le cesium 134 et 137. À ce stade, il n'y a pas de contrôles demandés sur le plutonium et le strontium prévus par le règlement Euratom , car, la semaine dernière, il n'y avait pas de fuite à Fukushima. S'il devait y avoir des fuites de plutonium et de strontium, la Commission avec les États membres adopterait un autre règlement », a déclaré Frédéric Vincent, porte-parole de John Dalli, commissaire européen à la Santé et la Protection des consommateurs. Un comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale aura lieu le 8 avril, a-t-il indiqué.
L'UE pourrait donc élargir le champ des contrôles au plutonium, et si elle ne l'a pas encore fait, c'est
que la Commission entendait apporter à cette crise une réponse proportionnée. « On s'est focalisé sur les trois éléments de contamination déjà constatés ou qui pouvaient être attendus », a ajouté le porte-parole, en rappelant qu'une révision mensuelle des mesures est prévue, sans exclure une action plus précoce en cas d'urgence. Et « une réunion des États membres peut se convoquer très rapidement ».
Insistant sur la rapidité de la réponse apportée par l'UE, via un règlement « adopté en deux jours », il a assuré que: « La Commission va se pencher sur le sujet. Oui nous allons tenir compte d'une éventuelle contamination au plutonium. La situation sur place est évaluée au jour le jour. La DG Énergie, la DG SANCO et la délégation de l'UE sur place sont en contact permanent avec les autorités japonaises ».
Assailli de questions, M. Vincent s'est voulu rassurant: « Il n'y a pas de produit contaminé au plutonium sur le marché européen. Entre hier et aujourd'hui aucun produit de la région n'est arrivé dans l'UE étant donné que les denrées alimentaires importées du Japon mettent plusieurs semaines pour être acheminées en Europe, sauf si elles sont expédiées par avion », a-t-il assuré.
En tout état de cause, les États membres, s'ils le souhaitent, sont autorisés à prendre des mesures plus restrictives que celles imposées par le règlement du jeudi 24 mars.
En 2010, l'UE a importé 9000 tonnes de fruits et légumes nippons. Cette année-là, la valeur des produits agricoles importés du Japon a représenté 187 millions d'euros, et celle des produits de la pêche 18 millions d'euros. (A.N.)