Bruxelles, 28/03/2011 (Agence Europe) - Pour la première fois depuis le début de l'insurrection libyenne, une embarcation transportant des migrants en provenance de Libye est arrivée dimanche 27 mars à Lampedusa, indique l'AFP. Une première embarcation transportait 284 personnes, pour la plupart originaires d'Erythrée, d'Éthiopie et de Somalie, suivie dans la journée par de nombreuse autres embarcations portant le nombre de nouvelles arrivées à près de 2000 migrants au cours du week-end, selon certains médias.
« Jusqu'à présent, les seuls migrants qui arrivaient à Lampedusa étaient des Tunisiens. Il s'agit du premier bateau venant de Libye avec des personnes fuyant l'escalade militaire, les attaques et les représailles », a dit une porte-parole en Italie du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) citée par l'AFP, jugeant que ces réfugiés avaient besoin d'une « protection internationale ». Ces personnes originaires d'Érythrée, d'Éthiopie et de Somalie devaient être amenées lundi 28 mars en Sicile, d'où elles seront transférées vers des centres d'accueil des réfugiés. « La situation des réfugiés somaliens et érythréens qui s'enfuient de Libye et ont commencé à arriver en Italie ce week-end est totalement différente », a aussi reconnu lundi le ministre de l'Intérieur italien Roberto Maroni. « Les Somaliens et les Érythréens ne peuvent pas être rapatriés car ils fuient la guerre et ils ont droit à la protection internationale. Nous leur offrirons l'assistance nécessaire et nous redemanderons à l'Europe de partager le poids de leur présence », a-t-il ajouté, précisant toutefois que « cela ne peut pas valoir pour les Tunisiens ».
Sur la seule île de Lampedusa, plus de 15 000 Tunisiens sont arrivés depuis la chute du régime de Ben Ali, dont près de 6000 sont encore sur l'île, le reste d'entre eux ayant été transférés vers d'autres centres italiens ou déjà renvoyés vers la Tunisie. Après un déplacement à Tunis, vendredi 25 mars, des ministres italiens des Affaires étrangères et de l'Intérieur, MM. Frattini et Maroni, la commissaire européenne aux Affaires intérieures, Cécilia Malmström, a elle aussi prévu de se rendre cette semaine en Tunisie, a-t-elle indiqué la semaine dernière, pour évoquer notamment la gestion des flux migratoires. Vendredi, les ministres italiens s'étaient engagés à fournir 150 millions d'euros aux autorités tunisiennes et une aide technique afin de les aider à renforcer les contrôles et prévenir les départs de migrants. (S.P.)