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Bulletin Quotidien Europe N° 10346
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/pÊche

Résultats décevants à la Commission des thons de l'océan Indien

Bruxelles, 28/03/2011 (Agence Europe) - La Commission européenne a jugé décevants les résultats de la 15ème session plénière de la Commission des thons de l'océan Indien (CTOI), qui s'est tenue du 18 au 22 mars à Colombo, au Sri Lanka. Alors que cette organisation régionale de pêche a fait des progrès considérables lors de son premier exercice d'application, qui a permis de contrôler chaque membre de la CTOI, la plénière a fait un pas en arrière comparé à 2010, explique la Commission européenne. Ceci en raison principalement de certains États du nord-est du littoral de l'océan Indien, qui disposent des flottes de pêche les moins contrôlées dans la région.

Le respect des règles reste le principal problème s'agissant des activités de pêche au thon dans l'océan Indien. Le comité de la CTOI sur l'application a identifié un certain nombre de lacunes, notamment en ce qui concerne le suivi des données de captures. De manière générale, les membres de la CTOI ont travaillé avec une attitude positive en identifiant leurs problèmes en matière de conformité. Une méthodologie de travail a été créée. Ce bon esprit de coopération a été terni par la position négative de certains membres, qui ont dénoncé un processus trop rigide et lourd. Prochaine étape: les membres vont répondre aux problèmes identifiés et une discussion aura lieu sur ce point lors de la prochaine réunion l'an prochain du comité d'application.

Lors de la plénière de la CTOI, la plupart des propositions en matière de conservation et de gestion des stocks ont été rejetées. Ce qui contribue à rendre l'organisation « impuissante face à des problèmes urgents », regrette la Commission européenne, comme la protection des espèces en danger que sont le requin marteau ou le requin océanique. Pour ces deux espèces de requin, l'UE avait proposé une interdiction de la rétention à bord, du transbordement, du débarquement, du stockage et de la vente.

Parmi les nombreuses propositions mises sur la table par l'UE, seules deux ont été acceptées par la CTOI: - un amendement à la résolution de la CTOI contre la pêche illégale de manière à renforcer la lutte contre les activités légales dans la zone ; - une déclaration sur les actes de piraterie contre les navires humanitaires, de commerce et de pêche dans l'ouest de la zone de compétence de la CTOI.

L'UE juge particulièrement décourageant de constater que plusieurs mesures importantes, que l'UE aurait souhaité rendre obligatoires, aient été déclassées en mesures volontaires. Il s'agit des mesures suivantes: - collecte et enregistrement de données par les flottes les moins contrôlées, notamment celles utilisant des filets maillants ; - l'extension de l'obligation de déclaration pour les espèces de requins les plus menacées, à la lumière pourtant des avis scientifiques formulés en ce sens par le comité scientifique de la CTOI. Ces mesures ont été contestées par les mêmes États côtiers qui ont essayé d'entraver l'exercice de conformité.

La séance plénière de la CTOI a échoué aussi en ce qui concerne les mesures de lutte contre la pêche illégale. Des navires connus pourtant pour avoir commis des actes graves contre la législation de la CTOI ou qui ont violé le principe d'une pêche responsable n'ont pas été inscrits sur la liste noire des navires coupables de pêche illégale. Contre l'avis de l'Union européenne et de quelques autres, la majorité des parties contractantes à la CTOI ont préféré adopter une attitude complaisante de laissez-faire envers les États qui sont incapables de contrôler leurs flottes. « Cela pourrait compromettre la crédibilité de cette organisation régionale et constituer un dangereux précédent d'une gestion inefficace », conclut la Commission
européenne. (L.C.)

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