Bruxelles, 28/03/2011 (Agence Europe) - Le nombre de demandeurs d'asile dans les pays riches a baissé en 2010, notamment dans le sud de l'Europe, où le nombre d'arrivées de candidats à l'asile en provenance d'Afrique et d'Asie a diminué d'un tiers, a annoncé lundi le Haut Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR). Selon les chiffres du HCR, 358 800 personnes avaient déposé une demande d'asile dans 44 pays industrialisés en 2010 (les 27 de l'Union européenne, l'Albanie, l'Australie, la Bosnie-Herzégovine, le Canada, la Croatie, l'Islande, le Japon, la République de Corée, le Liechtenstein, le Monténégro, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, la Serbie, la Suisse, la Turquie, les États-Unis et l'ex-République yougoslave de Macédoine), soit 5 % de moins par rapport à 2009 et environ 42 % en moins par rapport au niveau maximum de la décennie qui avait été atteint en 2001, quand près de 620 000 demandes d'asile avaient été déposées, explique le HCR.
« La dynamique globale de l'asile est en train de changer. Le nombre de demandes d'asile dans les pays industrialisés est beaucoup plus bas qu'il y a dix ans tandis que les niveaux augmentent d'une année sur l'autre dans un tout petit nombre de pays », a déclaré dans un communiqué le Haut Commissaire pour les réfugiés António Guterres, selon qui il faut étudier « les causes profondes pour déterminer si ce déclin est dû à la diminution des facteurs de départ dans les régions d'origine ou aux contrôles migratoires plus stricts dans les pays d'asile ».
Selon le HCR, « on note des diminutions d'année en année dans la plupart des régions, notamment en Europe, en Amérique du Nord et en Asie du Nord. Au sein de l'Europe, la diminution la plus importante concerne l'Europe du Sud, où les demandes ont diminué de 33 % par rapport à 2009 ». Cela est « principalement lié au fait que moins de personnes ont demandé une protection à Malte, en Italie et en Grèce. Mais ce déclin a été compensé par des augmentations ailleurs, en particulier en Allemagne (49 %), en Suède (32 %), au Danemark (30 %), en Turquie (18 %), en Belgique (16 %) et en France (13 %) », ajoute le HCR. Et dans les pays nordiques, les augmentations au Danemark et en Suède ont été compensées par des déclins importants en Norvège (- 42 %) et en Finlande (-32 %).
Selon le rapport, les cinq premiers pays de destination des demandeurs d'asile en 2010 ont été les États-Unis, la France, l'Allemagne, la Suède et le Canada. « Ensemble, ces cinq premiers pays d'asile accueillent plus de la moitié (56 %) de la totalité des demandes d'asile comptabilisées dans ce rapport ». Avec 55 530 demandes d'asile en 2010, les États-Unis restent le premier pays d'asile dans le monde, pour la cinquième année consécutive, notamment avec l'augmentation du nombre des demandeurs d'asile chinois et mexicains. La France reste au deuxième rang des pays d'accueil pour les nouvelles demandes d'asile, poursuit le HCR, avec 47 800 dossiers déposés en 2010, suivie par l'Allemagne (41 330).
« Les hausses, dans ces deux pays, peuvent être en partie attribuées à l'augmentation du nombre de demandeurs d'asile originaires de Serbie et de l'ex-République yougoslave de Macédoine. Cette évolution est largement attribuée à la levée de l'obligation de visa d'entrée dans l'Union européenne pour les ressortissants de ces deux pays depuis décembre 2009 », explique le HCR. L'Afghanistan passe quant à lui à la deuxième place avec une « diminution de 9 % par rapport à l'année précédente ». Et le HCR de poursuivre que « pour la première fois depuis 2005, l'Iraq ne figure pas parmi les deux principaux pays d'origine des demandeurs d'asile. Il passe à la quatrième place, suivi de la Fédération de Russie. La Somalie, qui occupait le troisième rang en 2009, passe, quant à elle, au sixième rang en 2010 ». (S.P.)