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Bulletin Quotidien Europe N° 10346
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/pÊche

La disparition possible des aides à la flotte inquiète le secteur

Bruxelles, 28/03/2011 (Agence Europe) - Les professionnels du secteur de la pêche sont inquiets des propositions que la Commission européenne s'apprête à présenter sur la réforme de la politique commune de la pêche (PCP). Ils redoutent notamment les conséquences de la fin des aides à la flotte (modernisation, déchirage des navires) et se montrent très circonspects, pour la majorité, sur la mise en place des quotas individuels transférables. Ils espèrent des mesures ambitieuses en matière de politique de marché (étiquetage, renforcement des organisations de producteurs) et insistent sur la réciprocité s'agissant des produits importés de pays tiers.

Europêche (Association des organisations nationales d'entreprises de pêche de l'UE) et la section pêche de la COGECA (Comité général de la coopération agricole de l'Union européenne) ont envoyé le 23 mars à la Commission européenne un document présentant les demandes concrètes du secteur de la pêche et de l'aquaculture que ces organisations représentent.

Politique structurelle. L'intention prêtée à la Commission d'éliminer les aides à la flotte, et en particulier celles pour l'arrêt définitif des navires (démolition) et la modernisation des bateaux de pêche, aura, si elle était retenue dans le cadre de la réforme de la PCP, « un impact fortement négatif sur le secteur qui déjà depuis des années ne peut pas augmenter la capacité de pêche avec les incitants communautaires », lit-on dans le document. Qui poursuit: « Alors que l'élimination des aides à la démolition des navires constituera un frein à la réduction de la flotte, celle en faveur de leur modernisation les condamnera à un processus de vieillissement, avec un impact négatif sur la sécurité des personnes embarquées, les entreprises de pêche pouvant difficilement investir de façon autonome dans l'amélioration et l'adaptation des embarcations dans une période de forte crise économique ».

Les rejets. Contrairement à la Commission qui, dans un récent document de travail, propose d'interdire les rejets de façon radicale et à très court terme, le secteur recommande une démarche « graduelle, en étroite collaboration avec les scientifiques et les pêcheurs, ces derniers ayant déjà démontré qu'ils étaient soucieux d'utiliser des engins de pêche plus sélectifs pour préserver la ressource ». En tout état de cause, toute proposition de réglementation communautaire visant la réduction des rejets doit s'accompagner d'une évaluation de son impact socio-économique. Europêche et la COGECA préconisent une approche pêcherie par pêcherie et dans toutes les régions maritimes de l'UE, au travers de projets pilotes impliquant le secteur, « afin qu'il puisse de façon proactive mettre en place les mesures techniques, réglementaires ou commerciales les mieux adaptées ».

Politique de marché. Il faut « renforcer la position des producteurs sur le marché » en encourageant et en renforçant les organisations de producteurs (OP), selon le document, qui insiste aussi sur l'amélioration de l'étiquetage des produits de la pêche et de l'aquaculture tout au long de la chaîne. L'étiquetage doit, selon les professionnels, couvrir l'origine, la valeur nutritive et la méthode de production du produit (poisson sauvage, poisson d'élevage marin, en rivière, lagune, etc.). En outre, le secteur demande à ce que l'exposition à la vente des produits décongelés (dont il est difficile de déterminer l'origine) ait lieu sur des comptoirs séparés de ceux où le poisson frais est vendu, pour éviter d'induire en erreur le consommateur.

Des actions visant à raccourcir la filière en réduisant les intermédiaires sont aussi nécessaires, favorisant le rapport direct avec le producteur, surtout en ce qui concerne la pêche artisanale qui subit souvent de plein fouet la politique de la grande distribution. L'UE doit garantir des règles équitables pour tous (« level playing field ») et exiger des pays tiers qu'ils appliquent des normes et standards équivalents à ceux imposés aux pêcheurs européens en matière de santé et de sûreté alimentaire et de conditions socio-économiques et environnementales de production.

Aquaculture. Le secteur demande de continuer à doter le nouveau fonds qui remplacera l'actuel FEP (fonds européen pour la pêche) en 2013 d'un soutien spécifique à l'aquaculture. Une aquaculture durable est aussi conditionnée par la disponibilité des médicaments vétérinaires, par un strict contrôle des produits importés des pays tiers et par une politique de gestion intégrée des zones côtières, humides et rurales accordant toute sa place au secteur.

Recherche. Il est essentiel que la nouvelle PCP permette activement au secteur de recueillir des données avec ses navires commerciaux et que ces données soient ensuite intégrées dans le processus d'évaluation des stocks et de conseil en gestion.

Droits individuels transférables. Les droits individuels transférables peuvent s'avérer inappropriés pour la petite pêche côtière et sont de toute façon inadaptés à la pêche en Méditerranée. Sur ce sujet, on le sait, les pêcheurs sont divisés. (L.C.)

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