Bruxelles, 17/03/2011 (Agence Europe) - La Commission ne présentera sa communication sur la révision de la politique européenne de voisinage (PEV) qu'en mai, a annoncé le commissaire Stefan Füle mercredi 16 mars devant la commission des affaires étrangères du PE (AFET). Le document avait initialement été annoncé pour mars, puis pour avril. La Commission se donne en effet plus de temps pour pouvoir être plus explicite et concrète sur les changements à apporter aux relations avec les pays du voisinage du Sud, notamment l'Afrique du Nord, mais aussi avec les pays d'Europe orientale, a expliqué M. Füle devant les députés. Ce léger retard permet aussi au Parlement de disposer d'un peu plus de temps pour réfléchir sur l'avenir de la PEV au moment où la situation politique en Tunisie et en Égypte n'est toujours pas entièrement claire, sans parler de la Libye où la révolution risque d'échouer. Une chose est sûre: la Commission estime que « le moment est venu pour une avancée qualitative dans les relations entre l'UE et tous les voisins du Sud qui s'engagent dans une véritable transition démocratique », a déclaré M. Füle. Cette nouvelle relation sera basée sur un « engagement sans ambiguïté en faveur des valeurs de démocratie, droits de l'Homme, bonne gouvernance, État de droit et justice sociale. L'offre de l'UE pour un 'Partenariat pour la démocratie et de prospérité partagé' ne peut qu'être fondée sur un tel engagement », a souligné le commissaire. La PEV englobe 16 pays d'Europe orientale, du Caucase, d'Afrique du Nord et du Proche-Orient. On y retrouve six pays de l'ex-URSS: Ukraine, Moldavie, Bélarus (bien que la coopération dans le cadre de la PEV n'y soit pas encore opérationnelle), Arménie, Azerbaïdjan et Géorgie. La dimension méridionale comprend les pays suivants: Algérie, Égypte, Israël, Jordanie, Liban, Libye, Maroc, Territoires palestiniens occupés, Syrie et Tunisie.
Adoption de deux rapports par l'AFET. Le PE est d'accord sur la nécessité de revoir la PEV de fond en comble. Depuis son lancement en 2004, elle a fait la preuve qu'elle n'était pas en mesure d'atteindre ses objectifs en matière de démocratie et de droits de l'homme, stipule le rapport du Portugais Mario David (PPE) sur la dimension méridionale de la PEV, approuvé le 16 mars par l'AFET. Le rapport soutient la conditionnalité démocratique proposée par la Commission et le Conseil européen: l'UE doit aider les pays en transition vers la démocratie, mais, en échange, ceux-ci doivent respecter leurs obligations contractées dans le cadre des droits de l'homme et de l'État de droit. Les députés veulent aussi plus de transparence dans la procédure suivie pour la négociation et l'octroi du 'statut avancé' aux voisins du Sud, avec des critères précis et objectifs. Le PE veut aussi être impliqué dans ce processus. Les députés plaident aussi en faveur d'une simplification des procédures de délivrance des visas pour tous les partenaires méditerranéens - notamment pour les étudiants, les chercheurs et les hommes d'affaires - et l'adoption d'un « partenariat euro-méditerranéen de mobilité ». La commission a aussi adopté le rapport du Polonais Marek Siwiec (S&D) sur la dimension orientale de la PEV. Pour les voisins de l'Est, aussi, les députés réclament une différenciation et une conditionnalité plus rigoureuses. Outre les réformes politiques et économiques, la lutte contre la corruption, en particulier dans le système judiciaire et au sein de la police, doit être une « priorité absolue » de l'UE dans ses relations avec ses partenaires orientaux, estiment les députés. De manière générale, la réforme de la PEV doit être centrée sur le dialogue, jusqu'ici négligé, avec la société civile et les forces démocratiques dans les pays concernés, ont indiqué les rapporteurs lors d'une conférence de presse. Le PE adoptera les rapports en plénière début avril. (H.B.)