Bruxelles, 17/03/2011 (Agence Europe) - L'industrie européenne des motocycles (ACEM) vient d'émettre des réserves sur la proposition de la Commission européenne visant à imposer l'installation de freins antiblocage (ABS) sur tous les motocycles d'une cylindrée inférieure à 125 cm3. Selon l'ACEM, cette obligation, contenue dans le projet de règlement sur la réception et la surveillance du marché des véhicules à deux ou trois roues (COM 2010/542), pourrait être acceptable à condition de prévoir des exemptions pour certains types de motocycles. L'industrie craint que l'installation généralisée de l'ABS n'ait des répercussions négatives, surtout pour les petits motocycles de ville et les « scooters », dont le prix assez bas constitue à présent leur principale plus-value. Le projet du règlement sera discuté à la commission « Industrie et Marché intérieur » du PE le 22 mars prochain.
Selon l'ACEM, la mesure proposée par la Commission en vue de renforcer la sécurité des cyclistes, risque de rater son objectif. Les différents types d'ABS (produits principalement par l'industrie japonaise et allemande), efficaces pour les voitures, n'apporteront pas davantage de sécurité, selon un porte-parole de l'association. « Nous croyons à l'ABS mais nous ne pouvons pas dire qu'il va résoudre tous les problèmes », a estimé la même personne. Au contraire, l'installation obligatoire des systèmes ABS sur les types de motocycles proposés par la Commission se soldera par l'augmentation des prix de ces modèles, juste au moment où l'industrie (surtout italienne) sort d'une crise économique sans précédent. Tous modèles confondus, la récession économique a coûté au secteur une perte de 24 % du marché en 2010 par rapport 2008 et moins 13% par rapport à 2009 (1,6 million de véhicules à deux roues vendus en 2010 contre 2,7 millions en 2007 avant la crise économique qui a touché l'Europe). L'installation de l'ABS représenterait, selon l'ACEM, un coût d'environ 200 euros supplémentaires pour l'industrie produisant des motocycles, c'est-à-dire une augmentation du prix de vente au consommateur de 500 à 750 euros. Cette augmentation des prix pénalisera surtout les pays, comme l'Italie, où les motocycles et scooters constituent, en raison de la congestion, des modes de déplacement privilégiés, redoute l'ACEM. Elle précise toutefois que, d'une manière générale, elle ne s'oppose pas à l'installation généralisée de l'ABS, utilisé par ailleurs par l'un de ses membres, BMW. La proposition de la Commission serait acceptable, à condition de prévoir des exemptions pour certains motocycles (comme les motocycles tout terrain ou ceux dont la capacité du réservoir d'essence ne dépasse par 4 litres). L'ACEM propose aussi de repousser d'un an, de 2013 à 2014, par rapport aux dispositions du règlement proposé, l'entrée en vigueur de nouvelles classes EURO qui déterminent le niveau d'émissions des véhicules. (A.By.)