Bruxelles, 17/03/2011 (Agence Europe) - Au fur et à mesure que les forces de Kadhafi avancent sur Benghazi, l'UE se prépare à aider les ressortissants libyens et étrangers qui, en masse, vont vouloir quitter le pays. Kristalina Georgieva, commissaire européenne à l'Aide humanitaire et la Réponse aux crises, l'a souligné, jeudi 17 mars à Bruxelles, en lançant un appel à la mobilisation de plus de moyens, aériens et maritimes. « Nos capacités à rapatrier les ressortissants étrangers tentant de quitter le pays par la Tunisie sont inférieures aux besoins. Ces derniers jours, des familles libyennes qui n'ont plus de maison fuient la Libye. J'ai pris contact avec l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR). Nous devons pouvoir aider au mieux. Nous demanderons, s'il le faut, la mise à disposition de vols », a-t-elle déclaré.
Jusqu'à présent, 280 000 personnes ont quitté la Libye, 140 000 via la Tunisie, 120 000 via l'Égypte, 11 000 via l'Algérie et 3 500 via le Nigeria. « Mais ces chiffres changent à tout moment ».
La commissaire a indiqué que jusqu'ici, le nombre de Libyens ayant fui le pays était « resté très bas: 8000 environ », mais, ces dernières 24 heures, des personnes âgées, des femmes et des enfants tentent de partir. Et pour la première fois, davantage de familles quittent le pays. Elles le font via la frontière égyptienne. «Je pense que nous sommes à un tournant. Les conditions ont changé, Benghazi est menacée. Les organisations humanitaires évacuent leur personnel à cause de l'intensité des combats. Nous devons nous demander s'il faut évacuer les citoyens à partir de la mer », a déclaré Mme Georgieva. La commissaire a annoncé que l'UE était prête à augmenter son aide. Elle a aussi lancé un appel aux autorités égyptiennes pour qu'elles soient « ouvertes à la situation de ces réfugiés qui veulent quitter leur pays ». S'agissant des ressortissants européens, ils ne sont plus que 80 à attendre une évacuation, ce qui a permis de libérer des camps à la frontière avec la Tunisie. (A.N.)