Bruxelles, 17/03/2011 (Agence Europe) - Pas question de vanter les vertus supposées de l'apport de DHA (acide docosahexaénoïque) dans les aliments pour bébés en affirmant que cet acide gras « contribue au développement visuel normal des nourrissons jusqu'à l'âge de douze mois ». La commission de l'environnement, de la santé et de la sécurité des aliments du Parlement européen que préside Jo Leinen (S&D, allemand) ne peut concevoir que cette assertion puisse avoir cours légal dans l'UE en tant qu'allégation de santé fonctionnelle se rapportant aux aliments.
Les membres de la commission parlementaire ont recommandé, jeudi 17 mars, par 30 voix pour (28 contre) que le Parlement européen s'oppose à la proposition de la Commission qui avait fait l'objet d'un avis scientifique favorable de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Il s'agissait d'ajouter cette assertion à la liste des allégations de santé autorisées au titre du règlement harmonisant dans l'UE le recours aux allégations nutritionnelles et de santé se rapportant aux denrées alimentaires (règlement 1924/2006 modifié par le règlement 109/2008/CE). Le projet de résolution élaboré par Glenis Wilmott (S&D, britannique), Daciana Sarbu (S&D, roumaine), Nessa Childers (S&D, irlandaise) et Karin Kadenbach (S&D, autrichienne) fait notamment valoir qu'il n'y a pas de consensus scientifique clair sur les effets des préparations enrichies au DHA sur les nourrissons, que de plus amples recherches s'imposent sur les effets possibles, tant bénéfiques que nocifs, de l'apport complémentaire de DHA et que cette allégation de santé pourrait induire en erreur.
Le DHA est présent, à l'état naturel, dans le lait maternel. Bon nombre de préparations pour nourrissons à base de lait en contiennent sous forme synthétique. Les fabricants avaient sollicité l'autorisation d'ajouter l'allégation de santé relative au DHA sur les aliments pour nourrissons, y compris aux préparations de suite destinées aux enfants de six à douze mois. Pour pouvoir empêcher l'utilisation de cette allégation, le Parlement devra suivre la recommandation de sa commission, faute de quoi l'allégation aura cours légal 20 jours après sa publication au JO. Il se prononcera lors de la session plénière d'avril (du 4 au 7 avril). (A.N.)