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Bulletin Quotidien Europe N° 10330
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) pe/euromed

Demande d'un 'plan Marshall' pour les pays en transition

Bruxelles, 07/03/2011 (Agence Europe) - Des parlementaires membres de l'Assemblée parlementaire euro-méditerranéenne (APEM), réunis à Rome en fin de semaine dernière, ont élu leur président, Abdelwahed Radi, président du parlement marocain, en remplacement de son homologue italien. Lors de cette session annuelle, les discussions ont porté surtout sur le contexte régional et l'assemblée a, selon un communiqué officiel,
« condamné la violence du régime Kadhafi et exprimé (son) soutien aux mouvements de mobilisation en faveur de la transition démocratique dans la région. L'objectif est d'adresser un message clair et unifié en vue de renforcer l'Union pour la Méditerranée en ce moment historique et difficile ».

Les parlementaires de l'APEM ont adopté une déclaration dont les points clés sont les suivants:
- solidarité avec les mouvements de protestation pacifique et soutien aux initiatives de transition vers la démocratie voulues par les populations elles-mêmes ; - condamnation de la réponse violente de la Libye, et soutien aux sanctions des Nations unies (ONU) et de l'Union européenne (saisine de la Cour pénale internationale, embargo sur les armes, interdiction de voyager et gel des avoirs) ; - demande de rapatriement des richesses détournées, résultant d'un pillage systématique par des dirigeants irresponsables ; - appel aux gouvernements de l'Union pour la Méditerranée à une réponse immédiate, « utilisant les moyens nécessaires pour faciliter le développement et le changement politique dans la région ».

L'assemblée a émis l'idée d'un 'plan Marshall' pour « renforcer les relations et le développement économiques, mais également améliorer la sécurité dans la région ». « Nous ne pouvons nous permettre un afflux massif de populations désespérées en Europe. Nous demandons la mise en place d'un nouveau plan d'investissement dans la région, par la Banque européenne d'investissement, comme l'a fait l'Union européenne pour renforcer la stabilité dans les Balkans occidentaux dans les années 90 », a déclaré Franco Frattini, le président sortant de l'APEM. Philippe Maystadt, le président de la BEI, a fait savoir que son organisation était prête à augmenter ses activités et à soutenir les petites et moyennes entreprises dans la région, à concurrence de 6 milliards d'euros au cours des trois prochaines années, un chiffre qui doit encore être approuvé par l'Union européenne.

Pour Gianfranco Fini, l'UE a « manqué de vision à long terme dans le passé, mais nous ne pouvons désormais plus ignorer les problèmes de la région méditerranéenne ». Il a ajouté que la déception engendrée par la paralysie qui avait marqué l'Union pour la Méditerranée dans le passé devait faire place à une aspiration profonde, vu les circonstances extraordinaires, pour désormais relancer le processus de coopération entre le nord et le sud de la Méditerranée. « Ce moment est historique pour l'Assemblée euro-méditerranéenne et il doit nous permettre de donner un souffle nouveau à sa mission initiale et d'affirmer ses ambitions », a déclaré le président du Parlement européen et vice-président de l'UpM, Jerzy Buzek. « Il est clair que l'Union pour la Méditerranée doit accomplir de réels progrès vers plus d'intégration économique et financière et des opportunités d'emploi favorisant une autonomie accrue, en particulier pour tous les jeunes frappés par le chômage. Les projets d'envergure pour les populations ne figurent actuellement que sur le papier, ils doivent être mis en œuvre. Nous savons, en Europe, que seuls les actes concrets peuvent faire naître la solidarité entre les peuples », a conclu le président du PE. (F.B.)

 

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