Bruxelles, 07/03/2011 (Agence Europe) - La Commission européenne adoptera ce mardi 8 mars une communication sur les différents moyens dont dispose l'UE pour aider la Libye et les autres pays d'Afrique du Nord en pleine mutation à réussir leur transition démocratique et socio-économique. Le document préparé avec le service européen d'action extérieure de Catherine Ashton sera soumis aux chefs d'État et de gouvernement de l'UE lors du Conseil européen extraordinaire sur la Libye et la région de vendredi 11 mars à Bruxelles. L'idée est de passer en revue tous les programmes d'assistance, accords et politiques communautaires existantes et de les adapter à la nouvelle situation telle qu'elle se présente aujourd'hui après les chutes de régimes autocrates en Tunisie et en Égypte et la révolution/guerre civile en cours en Libye. « Tout est sur la table pour aider ces pays à faire la transition vers de véritables démocraties », a souligné lundi le porte-parole de Mme Ashton. Au-delà de fournir une aide humanitaire et une assistance technique pour faire face aux besoins immédiats, il s'agit surtout de revoir et d'adapter la politique européenne de voisinage (PEV) en renforçant considérablement la conditionnalité politique et démocratique liée à l'aide européenne. La bonne gouvernance, l'État de droit, le respect des principes démocratiques et des libertés fondamentales ainsi que le développement de la société civile seront au cœur de cette conditionnalité renforcée. Le paquet de soutien proposé par la Commission contiendra aussi un volet socio-économique et commercial (le commissaire au Commerce Karel De Gucht s'est prononcé la semaine dernière en faveur de concessions commerciales pour les nouvelles démocraties d'Afrique du Nord (EUROPE n°10329), et de mesures en faveur d'une mobilité accrue des personnes. De nouvelles initiatives en matière d'énergie ou d'agriculture seront également prévues.
Lettre de Van Rompuy. Dans sa lettre d'invitation aux dirigeants européens pour le sommet extraordinaire du 11 mars, Herman Van Rompuy souligne la nécessité pour l'UE d'envoyer un « message clair et positif à toute la région exprimant le plein soutien (de l'UE) à la transition vers plus de démocratie, de pluralisme et d'inclusion sociale ». Le Sommet commencera à 11h30 avec un déjeuner de travail au cours duquel Catherine Ashton, José Manuel Barroso et le Premier ministre hongrois Viktor Orban seront invités à faire un rapport sur les actions entreprises par l'UE dans les différents domaines pour réagir aux événements en Libye et dans les autres pays de la région. Suivra une discussion sur des sujets d'intérêt immédiat, tels que l'aide humanitaire, les éventuelles mesures de soutien militaire à prendre, l'évacuation des citoyens européens, le problème des réfugiés et de l'immigration illégale vers l'Europe, etc.. Les 27 se pencheront ensuite sur les mesures à plus long terme à prendre « pour soutenir la transformation démocratique, encourager les réformes et promouvoir la sécurité régionale et la prospérité à travers tout le voisinage du Sud », selon la lettre de M. Van Rompuy. Une « priorité » devrait être accordée à la « révision » de la PEV afin de mettre en place un « nouveau partenariat » avec ces pays, insiste le président permanent du Conseil européen. « Ce sera aussi l'occasion de renouveler l'Union pour la Méditerranée ».
John Dalli crée la polémique. Entre-temps, le commissaire européen John Dalli s'est vu obligé d'exprimer ses « regrets » après avoir tenu des propos qui laissaient croire qu'il ne partage pas l'avis exprimé par le président de la Commission, José Manuel Barroso, selon lequel le colonel Kadhafi doit partir (voir ses déclaration dans EUROPE n°10327). « Je regrette si l'une des remarques que j'ai faites vendredi a pu donner la fausse impression que je ne soutiens pas la position exprimée mercredi par le président Barroso sur la situation en Libye », déclare M. Dalli dans une déclaration écrite publiée dimanche soir (6 mars). « Je soutiens évidemment entièrement la position exprimée par le président au nom de la Commission », souligne-t-il. Lundi 7 mars, la porte-parole de la Commission a salué ce qu'elle a appelé la « clarification très utile » faite par M. Dalli. Vendredi 4 mars, M. Dalli avait déclaré au cours d'un forum économique maltais qu'il ne pensait « pas avoir le droit, pas plus que quiconque, de se prononcer sur le fait de savoir si Kadhafi doit démissionner ». Il avait aussi affirmé, selon l'AFP, qu'il appartient à Kadhafi lui-même de prendre cette décision. (H.B.)