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Bulletin Quotidien Europe N° 10327
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/jai

Immigration, Barroso promet l'aide de l'UE et un dialogue sur les visas

Bruxelles, 02/03/2011 (Agence Europe) - À neuf jours du Sommet convoqué par le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, pour définir la stratégie de l'UE vis-à-vis de la Libye, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a à son tour rappelé, mercredi 2 mars, les outils mis à disposition des États membres pour les aider à faire face à un éventuel afflux de migrants nord-africains sur les côtes européennes et proposé également de plancher à terme sur des régimes de facilitation de visas pour ces pays afin de les aider à bâtir des « sociétés ouvertes ».

Une facilitation pour certaines catégories de personnes - étudiants, chercheurs, hommes d'affaires - qui permettrait à terme, selon M. Barroso, d'offrir de nouvelles perspectives à ces pays, une fois leur transition politique achevée. À ce jour, aucun accord de ce type n'existe avec la Libye, l'Égypte ou la Tunisie.

Pour le reste, M. Barroso a rappelé que l'UE avait déjà commencé à aider l'Italie à travers la mission Hermes de l'agence Frontex et que la Commission était prête à débloquer des fonds extraordinaires si les États membres devaient soudain être confrontés à l'arrivée de nombreux migrants, en l'occurrence une enveloppe d'urgence de 25 millions d'euros pour tous les États membres. Mi-février, l'Italie avait dû faire face à l'arrivée de milliers de Tunisiens à Lampedusa en quelques jours et, mercredi 2 mars, elle faisait à nouveau état de l'arrivée de 350 migrants tunisiens à Lampedusa.

Pas de quoi en conclure que la situation sur le front migratoire bascule cependant, dit une source, la situation aux portes de l'UE restant « plutôt calme ». Mais mercredi matin, le ministre français des Affaires européennes, Laurent Wauquiez, a de nouveau dit l'inquiétude de certains États membres face à la situation libyenne. Pour M. Wauquiez, l'afflux de migrants en provenance de Libye constitue « un vrai risque pour l'Europe qui ne doit pas être sous-estimé », relate l'AFP.

Ces craintes devraient être évoquées lors du Conseil européen du 11 mars. À ce stade, la teneur des débats devrait être proche de ceux des ministres de l'Intérieur de l'UE, le 24 février dernier à Bruxelles. L'Italie, avec Malte et la Grèce avaient demandé un fonds de solidarité spécial de l'UE pour faire face à d'éventuels flux de migrants vers l'UE et réclamé également un partage du 'fardeau' en termes d'asile et d'immigration clandestine. La plupart des États avaient cependant jugé ces demandes un peu prématurées, compte tenu de l'absence à ce stade de flux notables vers l'UE.

Sur le partage du 'fardeau', la position de ces pays ne devrait donc pas bouger le 11 mars, indique une source. Mais si la situation venait à changer d'ici là, il existerait un autre outil sur lequel plancher, à savoir la directive de 2001 sur la protection temporaire en cas d'afflux massifs de réfugiés dans l'UE. Celle-ci n'a jamais été utilisée et consiste à accorder une protection d'au moins un an (prolongeable 6 mois) sur le territoire européen à des personnes menacées dans leur pays.

Pour que cet outil soit activé, il faudrait que la Commission décrète une « situation extraordinaire » et propose ensuite aux États membres d'activer cette directive, comme elle pourrait leur proposer de se répartir l'accueil de ces personnes. Mais là encore, la Commission n'a pas su à ce jour préciser à partir de quel moment - et de quel nombre de migrants - la situation deviendrait extraordinaire. Et selon une source, il faudrait aussi que la Commission soit sûre au préalable du soutien des États membres avant d'avancer toute proposition de partage. En effet, sur cette directive, les États gardent le dernier mot et ne sont a priori pas obligés d'accueillir des réfugiés. (S.P.)

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