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Bulletin Quotidien Europe N° 10327
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/libye

Kadhafi doit partir, dit Barroso qui propose un Pacte pour la démocratie

Bruxelles, 02/03/2011 (Agence Europe) - L'UE a appelé pour la première fois publiquement et sans ambiguïté au départ de Mouammar Kadhafi dans un message délivré non pas par le Haut représentant pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, ou le président permanent du Conseil européen, Herman Van Rompuy, mais par le président de la Commission européenne. « Les actions complètement inacceptables du régime libyen au cours des dernières semaines ont très clairement démontré que le colonel Kadhafi est une partie du problème et non pas une partie de la solution. Il est temps pour lui de s'en aller et de rendre le pays au peuple de Libye, permettant aux forces démocratiques de prendre une autre direction », a déclaré José Manuel Barroso mercredi 2 mars devant la presse après la réunion hebdomadaire du collège des commissaires qui a longuement débattu de la situation en Libye et dans les autres pays d'Afrique du Nord. Jusqu'ici (comme par exemple dans sa déclaration du 27 février), Catherine Ashton avait toujours appelé à Kadhafi à arrêter les violences contre les opposants, à écouter son peuple et à œuvrer en faveur d'une « solution pacifique acceptable pour le peuple libyen ». Désormais, il est clair que l'UE ne mise plus du tout sur le colonel et son entourage pour entamer un dialogue avec les opposants ou gérer le processus de transition.

« Les Arabes sont prêts pour la démocratie ». Les peuples en Libye et dans les autres pays du voisinage du Sud de l'UE ont « un rendez-vous avec l'histoire », a estimé M. Barroso. L'Europe a choisi son camp: elle « sera à la hauteur de ce défi » et soutiendra les peuples sur la « voie vers la liberté, la démocratie et une vie meilleure ». C'est le « devoir » de l'UE d'être aux côtés des peuples arabes. « Je pense que les Arabes sont prêts pour la démocratie et nous sommes à leur côté », a lancé le président de la Commission. La Commission utilisera tous les instruments et outils à sa disposition pour soutenir les mouvements démocratiques en cours. Elle est même prête à les renforcer davantage en vue du Conseil européen extraordinaire convoqué par Herman Van Rompuy vendredi 11 mars à Bruxelles (EUROPE n° 10326), a annoncé M. Barroso. Le président de la Commission a aussi annoncé le déblocage immédiat d'une aide humanitaire supplémentaire de 7 millions d'euros qui s'ajoute aux 3 millions déjà disponibles (voir autre nouvelle plus loin). Le président a par ailleurs annoncé une aide extraordinaire supplémentaire pour faire face au problème de l'immigration (voir autre nouvelle).

Pacte pour la démocratie et la prospérité partagée. L'UE ne doit pas seulement gérer la crise actuelle mais aussi traiter les problèmes qui sont à la base de l'évolution actuelle, a poursuivi M. Barroso. « Nous avons besoin de nouveaux paradigmes politiques dans nos relations avec les pays voisins du Sud. Nous avons besoin d'un nouveau Pacte pour la démocratie et la prospérité partagée », a-t-il expliqué. Concrètement, la Commission focalisera son aide sur trois domaines spécifiques: a) la démocratie, l'État de droit et le respect des droits fondamentaux ; b) le développement social « inclusif » ; c) le renforcement de la société civile. La priorité devra être accordée aux réformes démocratiques et constitutionnelles, la réforme judiciaire, l'aide aux acteurs non publics tels que les ONG, les syndicats, les organisations de défense des droits des femmes et les médias, a estimé M. Barroso. De manière générale, les programmes de soutien en faveur des pays du voisinage Sud seront à l'avenir soumis à une plus forte conditionnalité politique, dépendant des réformes politiques et démocratiques que les pays bénéficiaires sont prêts à faire, a-t-il souligné. Un accent beaucoup plus important sera aussi mis sur le développement socio-économique de ces pays, en particulier des petites et moyennes entreprises. Dans ce contexte, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) « peut faire plus », a estimé le président de la Commission. Enfin, M. Barroso a estimé que l'UE devrait offrir aux voisins du Sud qui remplissent certains critères des « partenariats pour la mobilité » en vue de faciliter l'octroi de visas pour certaines catégories de personnes comme les étudiants, chercheurs ou hommes d'affaires.

M. Barroso a refusé de se prononcer sur l'idée d'établir une zone d'exclusion aérienne (no-fly-zone) au-dessus de la Libye, estimant que cette question ne relevait pas de la compétence de la Commission. Mais, a-t-il ajouté, « nous devons tout faire pour que le régime actuel quitte le pays, qu'il cesse de systématiquement tuer ses propres citoyens ». (H.B.)

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