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Bulletin Quotidien Europe N° 10327
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/mÉditerranÉe

Refonder l'UpM

Bruxelles, 02/03/2011 (Agence Europe) - La France annonce son intention de « refonder » l'Union pour la Méditerranée (UpM): le président Nicolas Sarkozy l'a dit lundi soir à la télévision et son nouveau ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, a repris mardi la même formule. Elle demeure pour l'instant encore peu précise, accordant même à l'initiative, concrétisée le 13 juillet 2008 par la tenue d'un sommet fondateur à Paris, un caractère « prémonitoire ». Les bouleversements qui secouent le monde arabe justifieraient a posteriori le besoin pressant d'instaurer un dialogue constructeur entre les deux rives de la Méditerranée.

Sous quelle forme aura lieu la relance ? Paris ne lève pas encore le voile sur ses intentions. L'UE, plus simplement, semble ne pas en avoir du tout. Catherine Ashton a sur sa table de travail un schéma d'options proposées par ses services sur lesquelles elle est appelée à trancher. Elle n'offre, à ce jour, aucune esquisse de ce qu'elle compte en faire pour redonner un nouveau cap à la politique méditerranéenne. Cette expectative pourrait prendre fin dans le contexte de l'annonce, vers la mi-mars, d'une PEV (Politique européenne de voisinage) rénovée à laquelle travaillent les services du commissaire Stefan Füle.

Les trois scénarios soumis à l'approbation de Mme Ashton consistent en fait, soit à prendre acte de ce qui existe, une UpM mixte, mi-intergouvernementale, mi-communautaire, soit à créer une UpM totalement intégrée dans la politique générale méditerranéenne de l'UE, soit, enfin, à bâtir une structure totalement autonome, intergouvernementale, dans laquelle l'UE en tant qu'instance communautaire ne jouerait qu'un rôle d'appui, comme elle le fait ailleurs, dans les structures de l'ONU par exemple. Mme Ashton devra vite trancher si elle a la volonté de débloquer le processus et faire une proposition au Conseil, probablement même au Conseil européen spécial du 11 mars, sachant toutefois que l'autonomisation totale n'est défendue avec force que par le Royaume-Uni. La diplomatie britannique milite pour que l'UpM n'ait rien à voir avec l'UE.

Pour l'heure, le secrétariat général de l'UpM se retrouve en pleine réorganisation après la cessation formelle des activités de son chef de file dès le 1er mars. Le secrétaire général a adressé une lettre en ce sens à tous les acteurs du processus euroméditerranéen.

Sous un autre angle, le quotidien Le Figaro apporte cette semaine une précision sur les intentions au départ, avant le sommet du 13 juillet 2008: les services du ministère français des Affaires étrangères comptaient ne pas y impliquer Israël. « Nous avions mis en garde l'Elysée en insistant sur le fait que les pays arabes n'allaient pas accepter de collaborer concrètement au projet tant que la question israélo-palestinienne ne serait pas réglée », écrit le journal citant un diplomate membre de la direction ANMO (Afrique du Nord, Moyen-Orient). Cet élément entrera-t-il en ligne de compte dans une UpM refondée ? (F.B.)

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