login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10323
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/irlande

élections, le programme économique doit être appliqué

Bruxelles, 24/02/2011 (Agence Europe) - Les Irlandais votent ce vendredi 25 février pour des législatives, mais pas question pour la Commission européenne de revoir le programme économique négocié avec l'Irlande, alors que le mécontentement suscité par le plan de sauvetage international du pays risque d'emporter le gouvernement sortant.

Après l'éclatement de la coalition au pouvoir et une mutinerie au sein de son parti, le Premier ministre Brian Cowen a été contraint de convoquer ces élections anticipées et de renoncer à la vie politique une fois le scrutin passé. Cela n'a pas réussi à endiguer l'effondrement de son parti, le Fianna Fail (FF). La formation centriste devrait sortir laminée du scrutin de vendredi. C'est le parti du Premier ministre qui a signé en novembre le plan de sauvetage de 85 milliards d'euros avec l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI).

Le porte parole de Olli Rehn, commissaire européen, a rappelé que le programme économique de l'Irlande est un accord entre l'Union européenne (négocié par la Commission européenne) et l'Irlande. « C'est un programme qui a été négocié et agréé avec le gouvernement de l'Irlande, et qui, dans ses grandes lignes, doit être appliqué », a dit le porte parole, Amadeu Altafaj Tardio. C'est ce programme qui permettra à l'économie irlandaise de repartir sur des bases plus solides, et ainsi avoir « une croissance plus durable et un secteur banquier au service de l'économie et plus transparent et pour lequel les citoyens irlandais ne devront plus payer les frais des prises de risques excessives et de la mauvaise gestion », a martelé le porte parole de M. Rehn. Il a précisé que des discussions auront lieu pour faire en sorte que ce programme soit le plus efficace possible et reflète l'évolution de la situation économique dans le pays (il est prévu un ajustement annuel pour tenir compte de l'évolution des indicateurs économiques).

La Commission a rappelé aussi que les discussions qui concernent les prêts en faveur de l'Irlande ont eu lieu. Les décisions qui ont eu lieu sur le niveau des taux d'intérêt ne concernaient pas uniquement l'Irlande, mais tous les pays de la zone euro, a rappelé le porte parole. Les décisions prises à l'époque n'étaient pas applicables à l'un ou l'autre pays. « Toutes les questions liées au Fonds européen de stabilité financière sont en train d'être abordées par les États membres et la Commission, mais il n'y a pas de nouveauté à ce stade », a conclu le porte parole.

Les derniers sondages, publiés mercredi 23 février, créditent le FF de 14% à 15%, ce qui lui donnerait une vingtaine de sièges, contre 74 actuellement. Son grand rival, le Fine Gael, également centriste, devrait en revanche bénéficier d'un raz-de-marée: avec 38 à 40%, il devrait emporter 72 sièges (contre 51 actuellement), soit à une encablure de la majorité absolue (83). Dans ce cas, le Fine Gael devrait alors former un gouvernement avec le Labour, formation de gauche créditée de 18 à 20% des intentions de vote, comme il l'a déjà fait par le passé. Sa formidable poussée, le Fine Gael la doit au discours agressif de son leader, Enda Kenny, qui exige avec fermeté la renégociation des conditions du plan de sauvetage international, ce que 82% des Irlandais souhaitent. « Il faut renégocier le taux d'intérêt et le coût de la restructuration des banques », a-t-il asséné mardi 22 février, lors du dernier débat télévisé de la campagne. L'Irlande doit payer près de 6% sur les prêts octroyés par l'UE, un taux « punitif », a-t-il répété.

Quant à la restructuration des banques irlandaises, le leader du Fine Gael voudrait « partager le fardeau avec les détenteurs d'obligation », une perspective qui effraie les marchés européens. Les résultats du scrutin ne seront pas connus avant samedi soir. (L.C.)

Sommaire

JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES