Bruxelles, 24/02/2011 (Agence Europe) - Après s'être entretenu mercredi 23 février avec le haut-commissaire des Nations unies aux Droits de l'homme, Navi Pillay, José Manuel Barroso a dit, au sujet de la répression sanglante du mouvement de contestation en Libye: « C'est intolérable de voir l'armée utiliser la force contre des civils. Nous demandons aux autorités libyennes d'arrêter les violences et nous leur disons que la répression n'est pas la solution. Nous devons soutenir les aspirations de la société libyenne ». Le président de la Commission européenne a ajouté, de manière plus générale sur les évènements en Afrique du Nord et Libye, « nous devons aider ceux qui sont à la poursuite de la liberté, de la justice, de la démocratie et des droits humains. Et nous avons les instruments et les moyens pour aider cette lutte ». Pour rappel, la Commission a ficelé un paquet de soutien pour aider dans ces pays la transition vers la démocratie et les droits humains, les réformes des systèmes judiciaires, l'éducation et la création d'emploi. Cette aide sera fournie grâce aux instruments disponibles (instrument de partenariat, instrument pour la stabilité, instrument pour la démocratie, programmes en matière d'éducation). Navi Pillay, le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme, a précisé que vendredi matin il y aura une session spéciale du Conseil droits de l'Homme sur la Libye. Elle espère que cette réunion débouchera sur sa proposition visant à ouvrir une enquête internationale sur la répression sanglante du mouvement de contestation en Libye. Elle a parlé de crimes contre l'humanité dans ce pays. Concernant le déferlement de réfugiés libyens en Europe (surtout en Italie), « nous suivons la situation de très près », a dit M. Barroso. Il a dit que si nécessaire, il faut être prêt à agir de façon européenne. Il faut trouver une réponse qui soit compatible avec nos valeurs. M. Barroso s'est élevé aussi contre les menaces brandies par Mouammar Kadhafi d'envoyer des centaines de milliers de personnes en Europe. « Nous avons la mission de défendre les droits de l'Homme, et on doit se préparer à résoudre les problèmes de manière européenne ». Les États membres doivent « faire preuve de solidarité » si un pays de l'UE doit faire face tout à coup à une arrivée massive de réfugiés. Mais M. Barroso a dit que l'UE allait utiliser les instruments qui sont actuellement disponibles et qui sont de la compétence communautaire et de celle des États membres. « On ne va pas modifier la législation actuelle », a-t-il dit. L'afflux de réfugiés dans un pays ne doit pas être considéré comme une menace en termes de sécurité, mais comme un problème humanitaire, a conclu Navi Pillay. (L.C.)