Bruxelles, 24/02/2011 (Agence Europe) - L'approbation par les représentants des États membres du projet de règlement qui harmonisera dans l'UE l'interprétation du « zéro technique » censé traduire techniquement le concept de « tolérance zéro » pour les OGM non autorisés dans les aliments pour animaux, suscite l'ire des détracteurs des OGM, en ce qu'elle fixe à 0,1% le seuil de présence acceptable dans les aliments pour animaux importés.
Or, pour la Commission européenne, ce 0,1% n'est pas un seuil de tolérance, mais le seuil de détection en deçà duquel, il est impossible, pour l'heure, de détecter la présence d'OGM selon une méthode scientifiquement validée et reproductible. Pour les ONG comme Greenpeace et pour les Verts au Parlement, le problème n'est pas une querelle de mots mais 'la fin' pure et simple du principe de 'tolérance zéro' au sens strict du terme.
Le projet de règlement, approuvé mardi 22 février par le comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale de l'UE vise à harmoniser les contrôles, par les États membres, des traces d'OGM présents dans les aliments pour animaux importés et à offrir aux importateurs la sécurité juridique. Le texte définit le niveau le plus bas de présence d'OGM pris en compte par le laboratoire de référence pour les OGM quand il valide les méthodes de détection. Il a vocation à s'appliquer uniquement aux aliments génétiquement modifiés qui sont légalement commercialisés dans les pays tiers et pour lesquels une procédure d'autorisation est en cours dans l'UE ou dont l'autorisation, accordée précédemment a expiré. Les aliments pour animaux dont il sera établi - après prise en compte de la marge d'erreur - qu'ils contiennent des OGM en quantité supérieure à 0,1% (ce fameux zéro technique) enfreindront la législation européenne et n'auront donc pas droit de cité sur le marché de l'UE.
Pour les Verts/ALE au Parlement, le projet approuvé « qui autorise l'importation de céréales ou de protéines végétales contenant des traces d'OGM non autorisés en Europe est inacceptable. C'est la porte ouverte à la pollution de la chaîne alimentaire européenne. Cette décision bafoue les principes élémentaires de sécurité des aliments. Elle remet également en cause le rôle de l'EFSA ». L'ONG Food &Water Europe déplore que « la solution technique à la contamination des aliments pour animaux conduira à autoriser dans les aliments pour animaux importés jusqu'à 0,1% d'OGM qui n'auront pas été jugés sûrs au terme d'une évaluation scientifique prescrite par la législation européenne ». (A.N.)