Bruxelles, 24/02/2011 (Agence Europe) - L'UE et la Russie soutiennent les aspirations des citoyens du monde arabe « pour une vie plus juste et prospère » et sont prêts à fournir des aides économiques et autres à ces pays s'ils le demandent, ont affirmé Catherine Ashton et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, dans une déclaration commune adoptée en marge de la réunion entre la Commission européenne et le gouvernement russe mercredi 24 février à Bruxelles (voir autres nouvelles). Elément intéressant: la déclaration ne fait aucune référence aux aspirations démocratiques des peuples en Tunisie, Égypte, Libye, etc., alors que ces « aspirations légitimes » ont toujours figuré au centre des prise de positions récentes de l'UE. En revanche, elle parle seulement d'« une série de problèmes qui se sont accumulés dans les sociétés » de ces pays et qui « devraient être traités par les peuples des pays concernés à travers un dialogue national impliquant toutes les forces politiques et toutes les strates de la société en vue de parvenir à un consensus public sur des solutions pour sortir de la crise et de mener les transformations nécessaires ». La démocratie est quand même évoquée une fois dans la déclaration pour rappeler que « le processus de démocratisation doit évoluer de manière pacifique et en respectant un cadre légal ». Les deux parties condamnent l'utilisation « inacceptable » de la force militaire pour réprimer les manifestations - notamment en Libye - et appellent à la fin immédiate de ces actions. L'UE et la Russie - deux des quatre membres du Quartette sur le Proche-Orient - estiment aussi que les révoltes dans la région ne devraient pas être utilisées comme un prétexte pour ne pas faire tous les efforts possibles pour sortir de l'impasse actuelle des négociations de paix israélo-palestiniennes. Lors de la conférence de presse conjointe avec M. Barroso, Vladimir Poutine a insisté sur la nécessité de ne pas « interférer » dans les processus politiques des pays arabes et de ne pas tenter de leur imposer « nos modèles ». Il a aussi dit craindre que les révoltes en cours dans le monde arabe puissent avoir des conséquences sur le Caucase du Nord et même sur l'Europe. (H.B.)