Bruxelles, 24/02/2011 (Agence Europe) - Réunis à Gödöllö les 22 et 23 février pour une réunion informelle, les ministres européens du Sport ont discuté du financement des sports européens et de la lutte contre le dopage.
Dans leurs interventions, les États membres ont insisté en priorité sur la nécessité d'éviter que le sport ne « devienne victime de la crise économique » et de mettre en œuvre un programme cadre pour le sport. « Nous devons nous battre pour un programme-cadre européen », a affirmé Attila Czene, le ministre d'État hongrois chargé des sports qui présidait la réunion. Plusieurs États membres ont affirmé: « Bien que nous connaissons une époque d'austérité économique, il serait symbolique dans la situation de difficultés économiques actuelles de réussir à établir un programme-cadre européen d'ici 2014, qui prévoit un soutien financier pour le sport ». Un point de vue partagé par les députés européens un mois plus tôt (EUROPE n° 10301).
Quelques ministres ont jugé néanmoins plus réaliste d'intégrer le sport dans les mécanismes de financements actuels, puisque le budget communautaire ne sera probablement pas élargi en cette période de consolidation économique. Les fonds structurels et le Fonds social européen restent dans cette optique les meilleures sources de financement.
Pour Androulla Vassiliou, « on doit être à la fois ambitieux et réalistes ». La commissaire chargée des sports a soutenu les propositions des ministres tout en soulignant que ce n'était pas la tâche de la Commission mais celle des États membres de définir des priorités d'action. Mais puisque le sport fait désormais partie des compétences communautaires, il ne faut pas pour autant renoncer à créer un fonds indépendant spécialement dédié au sport. « C'est ce qu'on doit faire si nous croyons au sport », a-t-elle déclaré.
Les ministres ont également parlé de la lutte contre le dopage, l'un des défis les plus importants pour le sport européen. Le ministre Czene a souligné que l'Europe finançait la moitié du budget de l'Agence mondiale antidopage (AMA) mais ne disposait pas pour autant d'influence équivalente dans la prise de décisions. « Nous nous battons pour une meilleure représentation, plus professionnelle, et qui s'inscrit dans la continuité », a déclaré le ministre hongrois, en ajoutant qu'il souhaitait des représentants plus expérimentés disposant de mandats plus longs (trois ans au lieu de 18 mois actuellement), afin de représenter les intérêts de l'Union européenne de manière plus appropriée. Actuellement, l'UE dispose de trois représentants au sein de l'AMA. Les États membres ont fait de leur côté plusieurs propositions qui, selon M. Czene, devront faire l'objet d'une résolution de la part du Conseil, sous la responsabilité de la future présidence polonaise. Les ministres ont aussi parlé, entre autres choses, de l'importance du sport pour améliorer la qualité de vie, préserver la santé et promouvoir l'inclusion sociale, en particulier à l'égard des migrants et des handicapés.
Parallèlement à la réunion informelle s'est tenu à Budapest le Forum européen du sport. À cette occasion, le ministre Czene a informé les représentants d'organisations sportives nationales, européennes et internationales du prochain plan de travail en préparation entre les États membres, dans l'objectif d'aboutir à la création du programme-cadre en 2014. Les représentants des organisations ont formulé leurs recommandations à ce propos et partagé leurs expériences. « Un dialogue ouvert peut nous aider à baliser la voie à suivre dans le domaine du sport et déterminer quelle stratégie devrait être adoptée par les ministres européens du Sport », a déclaré la commissaire Vassiliou. La commissaire a également exposé aux participants les grandes lignes de la communication sur le sport adoptée au mois de janvier, notamment l'égalité des chances hommes-femmes, la question des transferts de joueurs en particulier dans le football, et l'importance de la lutte contre le dopage. Intervenant à ce propos, le directeur général de l'AMA, David Howman, a promis: « Nous portons une attention particulière à la lutte contre les substances illicites ; ceux qui encouragent les joueurs à tricher doivent être traduits en justice ». (I.L.)