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Bulletin Quotidien Europe N° 10323
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/jai

Schengen, la décision conditionnée aux progrès bulgares

Bruxelles, 24/02/2011 (Agence Europe) - Les ministres de l'Intérieur de l'UE ont convenu jeudi 24 février à Bruxelles, en adoptant des conclusions de la présidence hongroise, d'attendre les derniers progrès de la Bulgarie en matière de gestion de ses frontières, notamment avec la Turquie, pour décider de l'entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l'espace de libre-circulation Schengen. Lors de la discussion, certains États membres, dont la France et l'Allemagne, rejoints par la Finlande et 4 à 5 autres pays membres, ont également soutenu l'idée que les progrès réalisés par les deux pays en matière de respect des critères techniques soient évalués au regard des progrès sur les aspects politiques, en l'occurrence la lutte contre la corruption et les réformes judiciaires.

À ce stade, Bucarest a rempli tous les critères techniques requis pour accéder à Schengen, ont reconnu les ministres, mais la Bulgarie n'a rempli que 6 critères, échouant sur le volet 'frontières'. Une nouvelle mission d'experts aura lieu à la fin mars pour évaluer à nouveau la Bulgarie sur ce point. L'intégration des aspects politiques, posée comme une condition sine qua non par la France et l'Allemagne, jette le flou sur le calendrier qui sera donné aux deux pays, qui initialement devaient rejoindre l'espace Schengen à la fin mars 2011, après une décision en ce sens au Conseil du 24 février. Aucune nouvelle date n'a été en effet avancée jeudi par les ministres.

Certaines idées pour dépasser les blocages actuels ont toutefois été émises jeudi matin, notamment par l'Allemagne, qui a proposé que les deux pays, dont le sort reste lié, puissent d'abord rentrer dans Schengen par l'ouverture de leurs frontières aériennes dans un premier temps, puis terrestres dans un second temps, l'Allemagne essayant ici de trouver un compromis satisfaisant pour la Bulgarie et la Roumanie.Une idée soutenue par un certain nombre d'États membres

Les ministres ont également discuté jeudi de la possibilité de suspendre le mécanisme Schengen, autrement dit d'instaurer à nouveau des contrôles et des fermetures de frontières pour un État déjà membre de Schengen qui présenterait des risques pour ses partenaires. Cette idée, qui fait partie de la réévaluation des mécanismes Schengen, a aussi été proposée par l'Allemagne et soutenue par un certain nombre d'États membres. Le principe, dans sa version extrême, avait déjà été soulevé en janvier par certains députés allemands, issus de la CDU, qui avaient eux demandé que la Grèce soit exclue de l'espace Schengen, en raison de ses difficultés à gérer les flux d'immigrés illégaux. (S.P.)

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