Bruxelles, 02/02/2011 (Agence Europe) - Les membres de la commission des affaires constitutionnelles (AFCO) du Parlement européen digèrent mal le fait que le PE soit simplement consulté sur la révision limitée du Traité de Lisbonne décidée en décembre 2010 par les chefs d'État et de gouvernement pour créer un mécanisme permanent de gestion des crises dans la zone euro. La procédure choisie par les dirigeants européens - révision simplifiée sur base de l'article 48 du traité de Lisbonne - est un choix « intergouvernemental » et non pas communautaire car il évite la procédure de révision ordinaire qui prévoit la convocation d'une Convention composée de représentants des parlements nationaux, des gouvernements nationaux, du Parlement européen et de la Commission, ont estimé plusieurs députés lors d'une réunion de l'AFCO le 1er février. « Nous créons un mécanisme (de stabilité financière pour la zone euro, Ndlr) avec une fondation intergouvernementale et non pas un mécanisme communautaire », s'est plaint l'Italien Roberto Gualtieri (S&D), l'un des deux co-rapporteurs sur ce dossier. L'autre co-rapporteur, l'Allemand Elmar Brok (PPE), partage ce souci mais se montre plus réaliste: « Je ne pense pas que le PE puisse changer le texte (de révision retenu par le Conseil européen, Ndlr), ou empêcher une décision au Conseil européen de mars en raison de l'urgence dans les États membres et l'impact que cela aurait sur les marchés », a-t-il dit. S'il n'est pas possible d'éviter l'approche intergouvernementale pour la création du mécanisme permanent de stabilité financière, essayons au moins d'assurer qu'il sera ensuite intégré dans les structures communautaires, a dit le libéral britannique Andrew Duff (ADLE). D'autres disent comprendre le choix des dirigeants pour une révision accélérée du traité. En contestant la procédure simplifiée, le PE donnerait le « mauvais message » à un moment où tout le monde, y compris le parlement, doit contribuer à stabiliser la zone euro, ont affirmé David Martin (S&D) et Íñigo Méndez De Vigo (PPE). (H.B.)