Bruxelles, 02/02/2011 (Agence Europe) - Ahmed Ounaïes, nouveau ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement intérimaire tunisien, a été reçu mercredi à Bruxelles par Catherine Ashton, chef de la diplomatie européenne. « Je lui ai redit le soutien de l'UE à la Tunisie nouvelle et exprimé le souhait d'une transition démocratique» qui consolidera l'État de droit, a-t-elle déclaré en substance. Mme Ashton s'est affirmée « impressionnée par le travail aussitôt mis en œuvre » à Tunis. Elle a réaffirmé l'engagement européen à apporter son appui à court comme à moyen et long termes, notamment pour préparer l'organisation des prochaines échéances électorales, et elle a «rendu hommage» à « l'atmosphère de réconciliation » dont l'a entretenue le ministre Ounaïes. Il a, par la suite, précisé à EUROPE, à la suite de son second entretien, avec le président du Parlement européen, Jerzy Buzek, qu'il a soumis à la Commission un état des besoins tunisiens. Ils correspondent à un « manque à gagner global de plusieurs milliards d'euros », a-t-il affirmé, mais sans en dire plus sur le détail. Clairement, il exprime l'attente que les pays « frères et amis » se mobilisent aux côtés de la Tunisie et que l'aide européenne puisse dépasser les montants actuellement définis (240 millions d'euros sur trois ans).
Au terme de son entretien avec Mme Ashton, le ministre s'est dit en tout cas « sensible à l'initiative » prise en premier par Mme Ashton de l'inviter à Bruxelles. C'est un « premier pas » qui exprime une forte solidarité et l'entretien « bref mais dense, substantiel et prometteur » qu'il a eu génère en lui de l'espoir.
Il a décrit l'UE comme « l'interface entre notre peuple et nos principaux partenaires dans le monde ». Avec l'UE « nous nous sentons en sécurité », a-t-il ajouté, et « nous ne sommes pas surpris par la réponse positive (au souhait d'un appui) qui vient d'être exprimée par Mme Ashton ». Il a saisi l'occasion pour se livrer à un long développement sur le processus politique tunisien depuis son l'indépendance (en mars 1956) faisant de l'ère Ben Ali une « parenthèse despotique » dans l'évolution de la Tunisie axée vers la modernité. Un de ses premiers grands chantiers sera aussi la refonte de la diplomatie tunisienne qui a été mise durant 15 ans sous le boisseau répétant sa formule sur la « parenthèse despotique »,
À l'évocation de l'Égypte suite à une question, M. Ounaies a affirmé son respect pour le peuple égyptien assurant: « Nous ne sommes pas exportateurs de révolution mais importateurs de concepts démocratiques ». (F.B.)