Bruxelles, 02/02/2011 (Agence Europe) - Maria Damanaki, la commissaire européenne à la Pêche, confirme sa volonté de parvenir à un renouvellement de l'accord de pêche entre l'UE et le Maroc, mais indique que la Commission européenne n'a toujours pas décidé officiellement les modalités de cette reconduction. Or, le temps presse car l'accord actuel expire à la fin du mois de février. Et la Commission doit encore présenter sa proposition, le Conseil doit ensuite adopter le mandat, avant que les services de Mme Damanaki ne commencent à s'asseoir autour de la table avec les représentants du Maroc.
Pour rappel, les 119 navires de pêche de l'UE (dont 100 viennent d'Espagne) concernés devront quitter les eaux marocaines dès la fin du protocole actuel.
Maria Damanaki a expliqué mardi 1er février aux membres de la commission de la pêche du PE qu'elle avait soumis à ses collègues commissaires deux options: soit le renouvellement de l'accord en excluant les eaux du Sahara occidental, soit une prolongation pendant un an de l'accord actuel à titre 'transitoire' (et selon les mêmes conditions que le protocole actuel).
Il semble que cette deuxième solution bénéficie d'un soutien plus important au sein du collège des commissaires. Elle permet de laisser du temps pour obtenir plus de renseignements et d'assurances du point de vue juridique.
Mme Damanaki a signalé qu'en décembre, la Commission a reçu des informations supplémentaires de la part du gouvernement marocain sur les impacts régionaux de l'accord (autrement dit sur les bénéfices de l'accord sur la population locale du Sahara occidental). « C'est un pas dans la bonne direction, compte tenu du fait que c'est la première fois que la partie marocaine nous transmet de telles données », a souligné la commissaire.
Mme Damanaki a fait le point sur les autres accords conclus avec des pays tiers. Sur les quinze accords de partenariat en vigueur dans le domaine de la pêche que l'UE a signés avec des pays tiers, onze sont des accords bilatéraux sur la pêche aux thonidés et quatre (avec Groenland, Mauritanie, Guinée-Bissau et Maroc) sont des accords portant sur plusieurs espèces de poissons.
Mauritanie. Cette année, le travail a commencé sur le renouvellement, à partir de juillet 2012, du protocole avec la Mauritanie. Il faudra tenir compte des récents avis scientifiques sur la situation critique des stocks pélagiques.
Guinée-Bissau. Le protocole avec ce pays va expirer dans quelques mois. En raison de la détérioration de la situation politique dans le pays, la Commission va demander des consultations sur le respect des droits de l'Homme et des principes démocratiques, conformément à l'article 96 de l'accord de Cotonou (EUROPE n° 10305 sur la décision du Conseil le 31 janvier dernier). En attendant le résultat de ces consultations, les négociations sur un nouveau protocole n'ont pas encore commencé. Les contacts officiels avec le pays sont limités au suivi de la mise en œuvre du protocole en vigueur.
Seychelles. Le plus important accord thonier conclu par l'UE dans l'Océan Indien est celui avec les Seychelles ; un nouveau protocole est en vigueur depuis 2010 et est pleinement opérationnel.
En 2010, le budget pour ces accords avec les pays tiers étaient d'environ 160 millions d'euros, dont 40 millions pour soutenir le secteur de la pêche dans ces pays. Ces accords permettent de fournir au marché de l'UE 400 000 tonnes de poissons par an, représentant une valeur de 443 millions d'euros. Cela semble peu comparé à la demande totale au sein de l'UE en produits de la pêche (12 millions de tonnes).
Mais il ne faut pas oublier que ces accords ont le mérite d'assurer l'approvisionnement des industries de transformation, comme c'est le cas pour le thon, par exemple. En outre, ils contribuent à la création d'emplois tant pour les opérateurs européens que pour ceux des pays tiers. (L.C.)