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Bulletin Quotidien Europe N° 10307
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/Égypte

L'UE perd patience avec Moubarak

Bruxelles, 02/02/2011 (Agence Europe) - Au moment même où, dans les rues du Caire, les protestations contre le régime commençaient à dégénérer en affrontements violents, l'UE a augmenté mercredi après-midi la pression sur le président Hosni Moubarak pour qu'il accélère la transformation politique et réponde aux aspirations démocratiques et socio-économiques du peuple. La transition doit être crédible, efficace et elle doit démarrer immédiatement, c'est-à-dire pas seulement après les élections présidentielles de septembre pour lesquelles le président Moubarak s'est engagé à ne plus briguer un nouveau mandat (il a fait cette annonce mardi soir dans une allocution télévisée), a affirmé Catherine Ashton le 2 février devant le Parlement européen réuni à Bruxelles. « Le système politique a atteint un point de non retour. Le changement doit venir maintenant », a-t-elle dit. « Le moment est venu d'assurer une transition en bon ordre et une transformation pacifique et approfondie », a ajouté la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères. Lundi, les ministres des Affaires étrangères avaient également souhaité une « transition ordonnée » sans toutefois réclamer explicitement qu'elle débute toute de suite, sans retard supplémentaire. Demander que le changement soit « immédiat », comme l'a fait maintenant Mme Ashton, équivaut évidemment à réclamer la démission de Moubarak même si l'UE se garde toujours de le dire publiquement. « Il n'y a pas le moindre doute sur la manière dont nous entendons les mots transition et la transformation » du pays: cela signifie qu'ils doivent avoir « un caractère d'urgence et nous appelons le président Moubarak à faire les choses le plus vite possible », a souligné Mme Ashton, très diplomatiquement. Mercredi après-midi, un porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères a toutefois refusé les appels à une transition immédiate du pouvoir.

Députés. Le président du groupe S&D, Martin Schulz, a réitéré son appel au départ immédiat de Moubarak. L'UE a tort de craindre que les Islamistes profitent du vide de pouvoir que pourrait laisser le départ du président, a-t-il dit. « Les manifestant ne veulent pas ériger un État théocratique, ils veulent un régime laïque, une démocratie démocratique. Ce sont nos partenaires, il faut les soutenir », a lancé M. Schulz. Vu les mauvaises nouvelles en provenance du Caire, ce serait « honteux » si l'UE attendait le sommet de vendredi avant de se prononcer sur les événements en Égypte, a estimé la Verte Rebecca Harms. Guy Verhofstadt, chef du groupe ADLE, a également réclamé le départ de Moubarak. « Changez la position de l'UE et dites que vous soutenez à 100% le peuple égyptien », a-t-il lancé à Mme Ashton.

Commission. Mercredi matin, la Commission européenne a eu un débat sur l'Égypte au terme duquel elle a publié une déclaration dans laquelle elle: - reconnaît les « aspirations légitimes » du peuple égyptien ; - appelle à une « transition en bon ordre » pour préparer des élections libres et équitables ; - propose d'accroître son assistance à l'Égypte et son peuple. (H.B.)

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