Bruxelles, 02/02/2011 (Agence Europe) - Dans un communiqué, la COMECE (Commission des épiscopats de la Communauté européenne) regrette que les 27 ministres des Affaires étrangères de l'UE ne soient pas parvenus à s'accorder sur une déclaration commune condamnant la persécution religieuse, en raison d'un désaccord entre les ministres sur l'inclusion d'une référence spécifique aux chrétiens (EUROPE n° 10306). Le Parlement européen et le Conseil de l'Europe avaient pourtant ouvert la voie et condamné la persécution des chrétiens en adoptant des résolutions explicites, souligne la COMECE, qui regrette l'« atermoiement diplomatique » au Conseil. Elle s'étonne aussi de la controverse, estimant que l'opinion publique européenne a été largement sensibilisée à la situation spécifique des chrétiens au Moyen-Orient, suite aux attaques récentes contre des églises en Irak et en Égypte. S'appuyant sur des statistiques sur la liberté religieuse, la COMECE souligne qu'une majorité d'actes de violence religieuse sont perpétrés contre des chrétiens, une situation devenue particulièrement alarmante au Moyen-Orient. « L'engagement de l'UE à défendre les droits fondamentaux, dont la liberté religieuse, est clairement stipulé sans le traité UE et la Charte des droits fondamentaux ; elle a été réaffirmée dans maintes déclarations. C'est pourquoi nous attendons maintenant de l'Union européenne qu'elle prenne des mesures concrètes afin de traduire ces principes en une action politique claire », conclut la COMECE.
Le Conseil de l'Europe a adopté la semaine dernière une recommandation dans laquelle il condamne, avec la plus grande fermeté, les attentats de Bagdad et d'Alexandrie comme étant des événements « particulièrement tragiques », alors que les attentats contre les communautés chrétiennes se multiplient dans le monde. Il met en garde contre la disparition éventuelle des communautés chrétiennes au Proche et Moyen-Orient. Enfin, dans un communiqué, les députés Elmar Brok (PPE, allemand) et Mario Mauro (PPE, italien), à l'origine de la résolution du Parlement européen, se sont déclarés surpris de n'avoir vu dans le projet de déclaration du Conseil aucune mention du mot « chrétiens » et de constater que le document ne reprenait aucune des propositions formulées par le Parlement européen. Ils demandent « des propositions concrètes pour appréhender les problèmes rencontrés par les communautés chrétiennes dans certaines parties du monde ». (I.L.)