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Bulletin Quotidien Europe N° 10293
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/bÉlarus

Minsk met en garde contre un 'point de non retour'

Bruxelles, 13/01/2011 (Agence Europe) - Interrogé par la presse après sa rencontre, mercredi 12 janvier, avec le Haut représentant de l'UE pour les Affaires étrangères Catherine Ashton, le ministre des Affaires étrangères du Bélarus a mis en garde contre un 'point de non retour' dans les relations entre Minsk et l'UE. « Nous espérions qu'en prenant sa décision, l'UE réfléchirait à ne pas prendre une décision conduisant à un point de non retour…dans la relation entre le Bélarus et l'Union européenne », a déclaré Sergei Martynov. Il a démenti que les actions du gouvernement face à l'opposition aient été disproportionnées. Toutes les personnes qui participaient simplement aux manifestations après le scrutin du 19 décembre ont été relâchées et seule une vingtaine sont toujours détenues, a-t-il dit. Leur sort sera déterminé par les tribunaux, a précisé le chef de la diplomatie du président Loukachenko. Le même jour, les sources diplomatiques citées par l'agence Reuters ont précisé que les Vingt-sept avaient trouvé l'unanimité sur la question des sanctions dont l'adoption avait été bloquée jusqu'alors par l'Italie. Le déblocage a eu lieu, selon la presse, au cours de la rencontre mercredi entre la chancelière allemande Angela Merkel et son homologue italien Silvio Berlusconi.

Pour sa part, l'opposition biélorusse, soutenue par une partie des députés européens, a demandé le lancement d'une enquête sur la répression violente des manifestations qui ont éclaté à Minsk les 19 et 20 décembre (EUROPE n° 10291). Les événements n'étaient que le fruit « d'une provocation à grande échelle » montée par les autorités mêmes pour détourner l'attention du scrutin truqué, ont estimé les leaders de l'opposition biélorusse dans une déclaration conjointe présentée mercredi. Au cours d'une audition publique organisée ce jour-là au Parlement européen (EUROPE n° 10292), Aleksandr Milinkevitch, lui-même candidat à la présidentielle en 2006, a estimé que le président Loukachenko n'avait même pas recueilli 50% des voix. « Il devrait y avoir au moins un deuxième tour de scrutin », a-t-il estimé, en rappelant en même temps les aspirations pro-occidentales de la majorité de la société. « 9,9 millions de Biélorusses ne font pas partie des autorités et sont favorables à l'UE », a-t-il rappelé, avant d'ajouter que seulement « 10% de la société », soit trois fois moins qu'en Ukraine, souhaitaient un retour à la période soviétique. Dans la situation actuelle, il faut mettre en place « les mécanismes » pour faire avancer la démocratie au sein de la société, a-t-il insisté. Représentant les médias indépendants, Andrei Aliakandrau avait aussi appelé à la suspension de la participation du Bélarus au partenariat oriental jusqu'à la libération des prisonniers. Certains députés comme Kristina Ojuland (ADLE, estonienne), Günnar Hökmark (PPE, suédois), Ana Gomes (S&D, portugaise) ont aussi soutenu cette option. (A.By.)

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