Bruxelles, 13/01/2011 (Agence Europe) - Les experts de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) ont mis au point des indicateurs que les inspecteurs vétérinaires et les opérateurs pourront utiliser pour évaluer le bien-être des animaux pendant le transport. Par exemple, si après avoir inspecté un animal, un professionnel ou un inspecteur estime qu'il souffre d'une température corporelle trop élevée ou s'il émet des bruits respiratoires anormaux, il peut être décidé de déclarer l'animal non apte au transport.
Les experts soulignent également, dans leur avis publié mercredi 12 janvier, qu'il est nécessaire de mener des recherches complémentaires sur des aspects tels que: les limites et la régulation des températures pendant le transport de volailles et de lapins, les effets de la ventilation sur les porcs, l'espace minimal alloué aux lapins, aux porcs et aux poussins fraîchement éclos, ainsi que les durées de trajet qui ne porteront pas préjudice aux chevaux, aux porcs et aux veaux non sevrés.
En 2005, l'Union européenne a établi des dispositions visant à protéger le bien-être des animaux pendant le transport (règlement 1/2005 relatif à la protection des animaux pendant le transport). L'avis scientifique de l'EFSA viendra instruire un rapport que la Commission européenne doit présenter en 2011 sur l'impact de la réglementation de 2005.
L'EFSA a procédé à l'examen approfondi de la littérature scientifique la plus récente de 2004 à ce jour. L'analyse fait ressortir les éléments suivants pour les principales espèces d'animaux d'élevage:
Bovins. Des études confirment également que le stress dû à la chaleur peut représenter une menace majeure pour le bien-être des bovins, qu'il est possible d'éviter en installant des systèmes de ventilation à bord des navires lorsque les animaux sont transportés par mer. Des preuves scientifiques montrent que si des bovins adultes sont soumis à des transports d'une durée de plus de 29 heures, la fatigue et l'agressivité augmentent. Les études passées en revue montrent que les bovins devraient être approvisionnés en eau pendant les périodes de repos aménagées au cours des voyages d'une durée de 8 à 29 heures. Les experts indiquent que davantage de recherches sont nécessaires pour étudier la longueur des périodes de repos nécessaires pendant le transport des bovins.
Volailles. Différentes études indiquent une limite idéale supérieure de 24 à 25°C et une limite inférieure de 5°C pour la température dans les conteneurs utilisés pour le transport de poulets élevés pour la production de viande ('poulets de chair'). L'introduction de limites de température dans le transport de poussins fraîchement éclos pourrait avoir des effets bénéfiques sur le bien-être des oiseaux. Les experts préconisent des recherches complémentaires sur la ventilation. Pour des voyages de plus de quatre heures, les véhicules équipés d'une ventilation mécanique permettent de maintenir des niveaux de température satisfaisants, lesquels devraient être surveillés et enregistrés, conseillent les experts.
Porcs. De nouvelles recherches confirment que les porcs ont des difficultés à s'adapter aux situations de stress. Un risque de mortalité plus élevé existe lorsque les porcs sont nourris avant le transport et il convient de toujours prévoir de l'eau à leur disposition dans les exploitations et les points de regroupement. Les experts suggèrent de réaliser des recherches sur la manière dont les porcs répondent au stress lié à la fatigue, à la chaleur et au froid.
Ovins. Les preuves scientifiques étant insuffisantes pour déterminer les durées maximales de voyage pour les ovins, il convient de mettre davantage l'accent sur la qualité du voyage pour l'animal. Pour diminuer le risque de blessures, il faut surveiller des aspects tels que l'accélération, le freinage, l'arrêt et les surfaces inégales des routes, en particulier lors des voyages de longue durée.
Caprins. Des articles scientifiques indiquent que le stress est minimisé quand les caprins sont maintenus dans des groupes stables, en particulier pendant le chargement et le déchargement. En outre, des regroupements répétés pourraient entraîner un degré d'agressivité accru, à l'instar de l'introduction de nouveaux animaux, et doivent être étroitement surveillés. Les caprins avec et sans cornes devraient être séparés pendant le transport afin d'éviter les blessures.
Chevaux. La littérature scientifique passée en revue démontre qu'en raison de leurs différents niveaux d'agressivité, les chevaux doivent toujours être transportés dans des stalles ou boxes individuels, à l'exception des poulains qui doivent voyager avec leur mère. Il convient d'installer des cloisons de séparation, pour éviter la surchauffe, et parce que les chevaux ont des difficultés à conserver leur position en cas de mouvements brusques du véhicule. Les experts recommandent de réaliser des recherches complémentaires sur la conception des séparations pour le transport des chevaux.
Lapins. De nombreuses études indiquent que le stress lié à la température pendant le transport peut être préjudiciable au bien-être des lapins et qu'une ventilation suffisante pendant le transport doit être assurée pour maintenir la température à l'intérieur du véhicule entre 5 et 20 °C. Les experts ont également souligné la nécessité de mener des recherches supplémentaires sur les effets de la température sur les lapins pendant le transport. (L.C.)