Bruxelles, 13/01/2011 (Agence Europe) - Il y aura bien un débat, du moins des prises de position, la semaine prochaine en plénière à Strasbourg (mercredi 19 janvier), sur la nouvelle loi hongroise sur les médias dans le cadre de la présentation traditionnelle des priorités de la présidence hongroise par le Premier ministre Viktor Orban. Mais il n'y aura pas ni de débat à proprement parler sur ce sujet, ni donc de résolution politique, comme l'avait demandé pourtant en début de semaine le groupe ADLE.
Cette demande de débat spécifique et de résolution politique n'a en effet pas passé la rampe de la conférence des présidents des groupes politiques du PE qui s'est tenue jeudi 13 janvier au matin. Une déception pour le groupe ADLE qui espérait une action rapide de la part du Parlement. Un échec imputé d'ailleurs au groupe PPE, évidemment très réticent sur les actions de protestation à mener contre cette loi, mais aussi au groupe S&D mené par l'Allemand Martin Schulz. Les deux groupes ont en effet refusé jeudi d'adopter ce projet de résolution.
Dans une lettre adressée le même jour au Premier ministre hongrois, le président du groupe S&D Martin Schulz a pourtant appelé la Hongrie à « retirer » cette loi controversée. M. Schulz demande aux autorités de reprendre le temps de la réflexion sur cette législation et de la rendre conforme aux valeurs européennes. Une façon, selon lui, de permettre à la présidence hongroise de se dérouler sous les meilleurs auspices. Une incohérence alors que le groupe a refusé une résolution en plénière ? Pas du tout, explique Paolo Alberti, le porte-parole de M. Schulz, qui précise que le groupe n'est pas du tout contre une résolution en plénière mais qu'il s'agit cette fois-ci d'une action peut-être un peu prématurée. « Nous allons déjà attendre ce qui ressortira de la réunion extraordinaire prévue lundi en commission des libertés civiles du PE (qui se réunit lundi 17 janvier au soir avec Mmes Kroes et Reding, NdlR), nous avons besoin d'une évaluation solide de cette loi afin que l'on sache si des actions concrètes sont nécessaires, comme des procédures d'infraction », explique M. Alberti. Qui ajoute que ce temps nécessaire à l'étude approfondie de la loi « nous donnera des arguments plus forts ». La Hongrie ne s'est jusqu'ici pas opposée à amender sa loi tant décriée mais seulement si l'analyse juridique de la Commission européenne devait lui imposer une telle démarche. Et cette analyse, justement, pourrait ne pas être non plus conclue d'ici à la fin du semestre hongrois. (S.P.)