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Bulletin Quotidien Europe N° 10293
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/Énergie

Amorce d'un âpre débat sur les infrastructures

Bruxelles, 13/01/2011 (Agence Europe) - Si l'entame du débat sur le paquet relatif aux infrastructures énergétiques au Conseil Énergie de décembre met en exergue des divisions entre les Vingt-sept, notamment sur la question du financement des 1 000 milliards d'euros nécessaires à l'horizon 2020 pour moderniser et renforcer les réseaux et les capacités dans l'UE, un premier échange de vues en commission de l'énergie, jeudi 13 janvier, laisse aussi présager d'âpres discussions au Parlement européen.

« Nous avons besoin d'une volonté politique forte et d'investissements massifs. Nous devons avoir le courage de désigner les infrastructures nécessaires, de déterminer les critères des projets d'intérêt européen, d'identifier les lacunes, les régions prioritaires, les corridors, de garantir la mise en œuvre des projets dans des délais raisonnables et de nous attaquer aux procédures d'autorisation. Ce ne sera pas facile », a averti le rapporteur, l'Espagnol Francisco Sosa Wagner (NI), insistant aussi sur la question du financement.

Pour les sociaux-démocrates, l'Espagnole Teresa Riera Madurel insiste sur la nécessité de renforcer les interconnexions, talon d'Achille de l'UE en matière énergétique, et de rompre l'isolement de certaines régions, précisant qu'une interconnexion optimale aura des retombées économiques mais aussi sociales. Sur les permis, Mme Riera Madurel soutient l'idée du guichet unique pour réduire les délais de réalisation des projets. La députée espagnole insiste aussi sur le déblocage des fonds communautaires et sur le défi de l'intégration des renouvelables. Son collègue lituanien Zigmantas Balcytis plaide, lui, pour « une approche volontariste ».

Chez les Verts, le Français Yannick Jadot prône la cohérence du paquet avec les objectifs de l'UE à long terme. « À travers ce dossier, on engage l'avenir de l'Europe sur une période d'au moins 60 ans », insiste-t-il. Dans ce contexte, il déplore que la Commission européenne admette dans le scénario sous-jacent à ses propositions que l'UE n'atteindra pas l'objectif de 20% d'économies d'énergie à l'horizon 2020. Or, « une amélioration de l'efficacité énergétique de 20%, c'est 15 projets Nabucco », soit des économies d'énergie, mais aussi d'argent à ne pas investir dans de lourds projets, insiste le député français, qui émet également des doutes sur la rationalité financière des projets relatifs au stockage et le transport de carbone.

Pour le conservateur Giles Chichester, il faudra trouver le bon équilibre dans la sélection des projets, certains projets n'ayant pas de retombées commerciales importantes mais ayant une importance stratégique. Le député britannique remet aussi en question l'interventionnisme prôné par la Commission comme par certains de ses collègues, et plaide pour laisser davantage de place au marché. Outre le problème du financement,
M. Chichester insiste aussi sur la prise en compte de l'adhésion aux projets de l'opinion publique. Insistant aussi sur l'importance de s'en remettre au marché, son collègue hongrois András Gyürk (PPE) estime que le plus grand défi est de surmonter les intérêts nationaux dans le cadre de projets transfrontaliers.

La libérale suédoise Lena Ek a elle aussi souligné « le risque que l'on ne laisse pas au marché jouer son rôle ». « Les entreprises énergétiques ont fait des profits énormes, même en période de crise, il ne faut donc pas attendre du contribuable qu'il finance », a-elle conclu. (E.H.)

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