Bruxelles, 13/01/2011 (Agence Europe) - La Commission européenne attend de la Hongrie qu'elle procède à la reclassification des boues rouges alcalines comme substances dangereuses lorsqu'elle procédera au renouvellement du permis d'exploitation accordé à l'usine de bauxite - aluminium d'Ajka, responsable de la catastrophe industrielle majeure du 4 octobre dernier. Un courrier dans ce sens a été adressé par la Commission aux autorités hongroises, a annoncé jeudi 13 janvier Joe Hennon, porte-parole du commissaire à l'Environnement Janez Potoènik.
Au terme d'une évaluation liminaire des informations fournies par Budapest pour établir à quoi imputer exactement cette catastrophe qui a provoqué un torrent de boues rouges à l'origine de la pollution des écosystèmes, la Commission a conclu à « la classification inadéquate des boues rouges lors de l'octroi du permis d'exploitation. Ces boues étaient classées comme non dangereuses. Nous disons que ces matières devront être classées comme dangereuses lors de la révision du permis IPPC », a expliqué le porte-parole à la presse. Il faisait allusion à la directive, dite IPPC, relative à la prévention et au contrôle intégrés de la pollution (directive 96/61/CE modifiée par la directive 2008/1/CE).
Une mauvaise application de la législation européenne serait donc en cause. La Commission est en attente de la réponse à ce courrier qui ne s'inscrit pas encore dans le cadre d'une procédure d'infraction, a toutefois précisé M. Hennon.
Les éléments explicatifs fournis par les autorités hongroises en réponse au questionnaire de la Commission portaient notamment sur la composition exacte de la boue toxique échappée du réservoir retenant les déchets toxiques de l'usine de bauxite-aluminium, sur le permis d'exploitation délivré et sur la manière dont les inspections avaient été menées. (A.N.)