Bruxelles, 13/01/2011 (Agence Europe) - « Nous pensons que le fonds devrait être amélioré sur le plan quantitatif et qualitatif », a déclaré le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet à propos de la Facilité EFSF créée au printemps dernier pour venir en aide aux pays de la zone euro, jeudi 13 janvier à l'issue de la réunion des gouverneurs de la BCE (EUROPE n°10292). Il n'a pas voulu commenter les taux d'intérêt fixés aux prêts accordés à l'Irlande par l'EFSF, cet instrument étant aux mains des pays de la zone euro. La question des taux d'intérêt accordés dans le cadre des aides financières internationales à la Grèce et à l'Irlande pourrait être à l'ordre du jour de l'Eurogroupe, lundi 17 janvier.
La BCE continuera à ajuster de manière « appropriée » les mesures non conventionnelles et temporaires de refinancement bancaire qu'elle a décidé de maintenir jusqu'à avril 2011, tout en décourageant les banques qui s'avéreraient trop dépendantes de ses liquidités bon marché (EUROPE n°10269). En décembre, les banques portugaises ont par exemple emprunté près de 41 milliards d'euros à la Banque de Francfort. Interrogé sur les opérations de rachat de titres de dette souveraine de la BCE, notamment des bons du trésor portugais, M. Trichet a souligné l'importance pour les pays de l'Eurozone d'assainir leurs finances publiques, si besoin en adoptant des mesures additionnelles d'austérité. Quant à la probabilité que la BCE devienne une « bad bank » à force d'accepter des titres douteux en contrepartie de ses prêts, il a jugé cette hypothèse « absurde ». Le doublement du capital de la banque était prévu de longue date, a-t-il ajouté.
Taux inchangés. La BCE a maintenu unanimement le statu quo en matière de taux (1% pour les opérations principales de refinancement, 1,75% pour la facilité de prêt marginal et 0,25% pour la facilité de dépôt). Reconnaissant que, fin 2010, l'inflation avait dépassé les prévisions en raison de la hausse des « prix énergétiques », M. Trichet a estimé que l'inflation pourrait continuer à augmenter dans les prochains mois pour diminuer à nouveau d'ici fin 2011, sans toutefois dépasser l'objectif de stabilité des prix à moyen terme. (M.B.)