Bruxelles, 09/12/2010 (Agence Europe) - Combien exactement l'UE dépense-t-elle réellement en aide au développement, secteur par secteur, et tient-elle bien ses promesses envers les pays partenaires du monde en développement ? Les citoyens de l'UE le sauront bientôt. Le Conseil Affaires étrangères, réuni jeudi à Bruxelles en format Développement, a jeté les bases d'un futur système de procédures communes à la Commission et aux États membres qui permettra de divulguer au public, dans le même format, les données sur les volumes d'aide, l'allocation des fonds et les prévisions d'aide aux pays en développement. L'enjeu de la démarche et les modalités pratiques de ces procédures harmonisées qui devraient être introduites progressivement à compter de 2011 sont énoncées dans des conclusions unanimes que le Conseil, présidé par Catherine Ashton, a adopté sans autre débat. Les ambassadeurs des 27 avaient, la veille, donné leur feu vert à ce texte qui permettra à l'UE de mettre en œuvre un nouveau chapitre du cadre opérationnel de l'UE sur l'efficacité de l'aide (après la coordination, la division du travail), qui répond aux exigences de l'agenda international d'Accra. L'objectif étant de permettre des prévisions budgétaires plus précises, ainsi que la responsabilité des pays en développement et l'audit de l'aide par leurs soins.
Renforcer la transparence et la responsabilité tant des donateurs que des pays partenaires est essentiel pour optimiser l'impact des politiques de développement, souligne le Conseil. Une responsabilité forte des pays partenaires, comptables de l'aide qu'ils reçoivent, est tout aussi essentielle pour garantir la bonne gouvernance et assurer par la même occasion une utilisation efficace de l'aide au développement. Pour servir cet objectif, la diffusion de l'information sur les flux d'aide européenne devra, à compter de 2011 respecter le format du comité d'aide au développement de l'OCDE, garant de la comparabilité des données au niveau international. Les États membres de l'UE qui ne sont pas membres de l'OCDE s'efforceront de respecter ce format. Les États membres qui le souhaitent pourront, dès 2011, utiliser un système de communication des données en ligne, mis au point par la Commission (TR AID), lequel pourrait devenir obligatoire après une évaluation en 2012.En outre, des procédures seront établies sous l'égide des pays en développement partenaires sur les performances des donateurs européens et des pays partenaires pour ce qui concerne le respect des engagements souscrits en faveur d'une efficacité accrue de l'aide.
L'UE et ses États membres travailleront à l'élaboration d'une position commune à défendre au 4ème Forum de Haut niveau sur l'Efficacité de l'aide (Pusan, Corée du Sud, fin 2011), sur la base d'une proposition que la Commission présentera avant juillet 2011. Des initiatives sont déjà en cours pour améliorer l'information sur les flux d'aide dans des pays partenaires comme l'Afghanistan, le Cambodge, le Népal, le Rwanda et le Mozambique. (A.N.)