Bruxelles, 09/12/2010 (Agence Europe) - Joëlle Milquet a présenté mercredi au Comité économique et social européen (CESE) un bilan très détaillé de la Présidence belge de l'UE en matière d'emploi, de politiques sociales et d'égalité des chances. Renforcer les moments clés des rencontres avec les partenaires sociaux, l'importance de la dimension externe des politiques de l'emploi, la lutte contre le différentiel salarial entre les femmes et les hommes, l'allongement de la durée du congé de maternité, la réflexion sur la nécessité de développer un profil migratoire, sont autant de problématiques auxquelles la Présidence belge s'est attelée.
Georgios Dassis (grec), président du groupe des travailleurs, s'est inquiété du manque de gouvernance économique européenne, de ce que l'Europe compte vingt millions de chômeurs « à qui nous n'avons rien à proposer sauf une allocation de survie ». Pour Georgios Dassis, ce qui compte avant tout c'est la solidarité, un principe qu'il faut garder sur la scène internationale.
Luca Jahier (italien), président du groupe des activités diverses, a insisté sur l'importance d'avoir une vision sur le long terme. Et de poser la question de savoir quel bilan la Présidence belge transmettra à la Présidence hongroise sur les perspectives financières 2013-2020. Luca Jahier a reconnu que la Présidence belge avait fortement avancé sur la problématique des migrations. À propos de l'initiative citoyenne, la conclusion est positive. On attend une approbation du PE en première lecture, a ajouté M. Jahier.
Vladimira Drbalova (tchèque), au nom du groupe des employeurs, a annoncé deux souhaits: qu'un certain nombre de nouvelles initiatives se concrétisent et que les partenaires sociaux soient inclus dans ces initiatives.
Le débat a mis en exergue l'importance, accordée durant la Présidence belge, à la gouvernance économique mais aussi à la gouvernance sociale (Xavier Verboven, groupe des travailleurs, belge), au rôle des femmes en tant que moteur de changement (Madi Sharma, groupe des employeurs, britannique), à la défense d'une politique commune de l'émigration qui respecte les droits de l'homme pour toutes les personnes et qui permettent un bon développement économique et social (Luis Miguel Pariza Castanos, groupe des travailleurs, espagnol), aux personnes handicapées (Yannis Vardakastanis, groupe des activités diverses, grec) et au rôle des partenaires sociaux pour sortir de la crise (Pedro Almeida Freire, groupe des employeurs, portugais).
Concluant les travaux, Joëlle Milquet s'est félicitée du « système trio des Présidences qui marche et témoigne d'une continuité, gage d'efficacité ». Le vice-première ministre a mis en relief deux sujets: (1) le dialogue social et l'importance du rôle des partenaires sociaux. Le dialogue social doit s'organiser, s'intensifier, être plus régulier au niveau de la décision européenne, a affirmé Joëlle Milquet ajoutant que les partenaires sociaux doivent être plus impliqués avant les prises de décision des Conseils européens et venir avec des propositions structurées ; (2) l'émigration. Sujet délicat en période de crise avec une opinion publique inquiète et une augmentation du chômage et avec le retour d'une vague de xénophobie qui peut causer un malaise vis-à-vis des populations légales (étrangers naturalisés), a souligné la vice-présidente. La crainte de parler de l'avenir n'a pas beaucoup de sens parce que, vu l'évolution du taux démographique, le besoin d'une émigration pensée et maîtrisée se manifestera. Joëlle Milquet a conclu: « Tout va de pair, tout est lié, politique de compétitivité avec politique familiale ». (G.B.)