*** SONJA WITTE: Die Soziale Dimension Europas. Soziale Verantwortung öffentlicher Unternehmen. Peter Lang (1 Moostrasse, Postfach 350, CH-2542 Pieterlen. Tél.: (41-32) 3761717 - fax.: 3761727 - Courriel: info@peterlang.com - Internet: http://www.peterlang.com ). Collection « Europäische Hochschulschriften - Publications universitaires européennes ». 2009, 532 p., 18,50 €. ISBN 978-3-631-59830-6.
Une des critiques souvent faites à l'Union européenne est de connaître un déficit social dans son action politique et dans sa législation. Ce manque est perçu par beaucoup de citoyens européens comme la contrepartie manquante du marché commun et, plus généralement, de l'intégration économique et monétaire. L'Union ne cesse pourtant de rappeler son attachement aux acquis sociaux européens et, en particulier, à son modèle social, quand bien même celui-ci se décline de différentes manières, selon les États membres. Cette affirmation a acquis encore plus de notoriété au cœur de la crise économique et financière qui a frappé l'Europe en 2008. Au cours de cette crise, beaucoup de dirigeants ont, dans l'Union, fait appel à la responsabilité sociale des entreprises. Ce concept est très souvent utilisé ces derniers temps, même si personne ne sait vraiment ce à quoi il fait référence.
Afin de combler ce vide de compréhension, le Centre européen des entreprises à participation publique et des entreprises d'intérêt économique général a, à l'instigation de l'Union européenne, commandé une étude afin d'éclaircir ce concept et les principes auxquels il fait référence. L'ouvrage de Sonja Witte en est un premier résultat. Par son analyse, l'auteur donne, dans ces pages, une dimension à la fois pratique et européenne à ce concept, dans un premier temps pour les entreprises et, dans un second, pour les citoyens.
Le sujet du premier chapitre de l'ouvrage est l'origine de la responsabilité sociale des entreprises et de son développement. Le dialogue social et le développement de l'histoire sociale de l'Union sont ainsi expliqués dans un premier temps. Sonja Witte y ajoute une brève présentation des principaux partenaires sociaux européens (BusinessEurope, CEEP, UEAPME...). La vision de la Commission européenne en la matière est également analysée, tout comme le rôle des entreprises publiques dans le contexte du « modèle social européen ». Un autre chapitre se concentre sur les possibilités de réalisation de projets dans l'espace européen. L'auteur présente, pour ce faire, le projet Discerno - pour Dissemination of corporate ethics and responsibility through networks of public entreprises. En effet, ce projet présente plusieurs similitudes importantes avec le concept de responsabilité sociale des entreprises, ce qui permet d'avancer une définition de la responsabilité sociale. Avant de proposer une vue des possibles développements de la politique sociale en Europe et du développement de la responsabilité des entreprises, l'auteur tente enfin d'évaluer l'initiative de la Commission sur ce dernier point.
Julien Demoustier
*** JOSEP M. LOZANO: The Relational Company. Responsibility, Sustainability, Citizenschip. Peter Lang (voir coordonnées supra). Collection « Frontiers of Ethics », n° 8. 2010.190 p., 31,10 €. ISBN 978-3-03911-940-0
Ces dernières années, le débat sur la responsabilité sociale collective a beaucoup progressé. D'importants progrès ont été accomplis sur ce terrain et de nombreux modèles de management ont été développés. Tous ces pas ont été accompagnés par un débat idéologique qui, paradoxalement, a toujours mis en évidence la demande de clarification de ce que l'on entend réellement par responsabilité sociale collective. Ce livre se situe à ce carrefour. On peut le lire à la fois comme une opinion ou comme une synthèse de ce débat. En distinguant à la fois l'action sociale de la responsabilité sociale collective, ainsi qu'une entreprise responsable et viable d'une entreprise ayant le sens du dialogue - pour « relational company » -, l'auteur permet de clarifier le débat et les relations complexes entre business et société. Il offre une relecture des questions cruciales que pose le management, en termes de relations individuelles, de développement des valeurs et de l'éthique, de responsabilité et de sens de la réussite dans les affaires.
(IP)
*** DANIEL NERMERICH: Mindestlohn - eine kritische Einordnung. Peter Lang (voir coordonnées supra). Collection « Europäische Hochschulschriften - Publications universitaires européennes ». 2009, 163 p., 37, 20 €. ISBN 978-3-631-59424-7.
Les législations sociales diffèrent d'un État à l'autre au sein de l'Union. Un exemple frappant en atteste: c'est la présence, ou l'absence, d'un salaire minimal dans un pays. Ainsi, l'Allemagne est l'un des sept derniers États membres de l'Union à ne pas disposer d'une législation sur le salaire minimum, préférant laisser une flexibilité importante jouer sur le marché du travail, l'objectif étant notamment de résorber un chômage élevé et persistant. La question se pose pourtant de savoir si une telle mesure sociale ne ferait pas partie du « modèle social européen ». Dans cet ouvrage, Daniel Nermerich commence par analyser le modèle allemand, de ses origines à ses derniers développements. Il fait également le point sur les sensibilités politiques qui s'expriment en la matière. À la fin de ce chapitre, l'auteur présente brièvement la situation européenne dans ce domaine. La seconde partie de l'ouvrage est de nature très théorique, les différents aspects juridiques et économiques étant passés en revue. La dimension européenne est avant tout traitée dans la partie juridique.
(JD)
*** DENIS HARRISSON, GYORGY SZELL, REYNALD BOURQUE (sous la dir. de): Social Innovation. The Social Economy and World Economic Development. Peter Lang (voir coordonnées supra). Collection « Labour, Education & Society », n° 17. 2009. 472 p., 55,90 €. ISBN 978-3-631-58562-7.
Le monde du travail est en constante mutation depuis le début de l'histoire du capitalisme moderne et des sociétés bourgeoises. Aujourd'hui, cette mutation affecte de manière inégale des citoyens désormais confrontés à la globalisation, à la précarisation et au renforcement des inégalités. Les innovations sociales développant l'idée de progrès économique et de bien-être livrent une réponse aux problèmes générés par des emplois qui mènent à l'exclusion sociale et à la pauvreté, conséquences d'un modèle privilégiant à outrance la seule performance économique. Or, une économie alternative est en mesure de combattre à la fois les lacunes du marché et de l'État. Cet ouvrage présente trente-six contributions d'experts issus de tous les continents et couvrant une série de disciplines académiques, de la sociologie aux sciences économiques en passant par la science politique, le management, l'histoire et la géographie. Les innovations sociales qu'ils recensent, en matière d'économie sociale, de droit du travail, de régulations sociales ou de politiques publiques, ont un impact considérable sur les économies nationales et régionales. Nombre des initiatives présentées ici constituent une réponse sociale à la pauvreté, au travail précaire, à la perte d'emploi, au chômage de longue durée et aux processus de délocalisation et de désindustrialisation.
(IP)
*** ANA M. GUILLEN, SVENN-AGE DAHL (sous la dir. de): Quality of Work in the European Union. Concept, Data and Debates from a Transnational Perspective. Peter Lang (voir coordonnées supra). Collection « Travail & Société », n° 67. 2009, 250 p., 28,50 €. ISBN 978-90-5201-577-4.
Cet ouvrage collectif étudie la qualité du travail enregistrée au sein des pays de l'Union et offre une analyse d'une situation faite aujourd'hui de tensions entre le travail et la prospérité en Europe. En posant un regard particulièrement affûté sur la situation du marché de l'emploi et l'articulation des politiques en la matière, les auteurs soulignent le renforcement des politiques d'activation et de renforcement du marché de l'emploi et la tentative de les combiner avec les attentes des travailleurs: prospérité, protection sociale et meilleur équilibre entre travail et famille. La qualité du travail est restée ces dernières années fichée, avec le problème du chômage, en tête des préoccupations des politiques. Avec des résultats mitigés. Dans le dernier chapitre, qui tient lieu de conclusions, Robert Salais (École Normale Supérieure de Cachan, en France) souligne les contradictions et les tensions entre les orientations quantitatives et qualitatives des politiques de l'emploi en Europe.
(IP)
*** SEBASTIAN VOLLMER: A Contribution to the Empirics of Economic and Human Development. Peter Lang (voir coordonnées supra). Collection « Göttingen Studies in Development Economics », n° 27. 2009. 138 p., 35,30 €. ISBN 978-3-631-58793-5.
Cet ouvrage livre une lecture du développement économique humain à partir de cinq perspectives différentes: le premier chapitre fournit un nouveau test statistique de probabilités, susceptible de mieux comprendre les répartitions des richesses par tête d'habitant dans les pays européens. Le deuxième analyse, sur la base d'un nouveau modèle mathématique, la distribution des revenus dans le monde. Le troisième s'attache à mesurer la distribution du PIB par habitant dans le monde et ses implications possibles pour réduire la pauvreté et freiner le creusement des inégalités. Le quatrième évalue les effets sur le bien-être des récents accords de partenariat économique signés entre l'Europe et les pays africains. Enfin, le dernier s'interroge sur le rapport entre les systèmes démocratiques et leurs niveaux de performance en matière d'éducation et de santé.
(IP)
*** ELKE SCHEFFELT: Egalitäre Beschäftigungspolitk im öffentlichen Dienst ? Eine vergleichende Analyse der Beschäftigungssituation von Frauen in Deutschland und den Niederlanden. Peter Lang (voir coordonnées supra). 2009, 319 p., 48,10 €. ISBN 978-3-631-58629-7.
Le sujet de ce livre touche tous les pays du monde et plus particulièrement les pays de l'Europe occidentale qui ont mis en place une politique visant à lutter contre les discriminations dont peuvent souffrir les femmes sur le marché du travail. Plutôt que de se lancer dans une étude de portée internationale, l'auteur s'emploie à comparer la situation qui prévaut dans deux pays voisins, l'Allemagne et les Pays-Bas. L'examen de ces deux sociétés a priori égalitaires et se situant à des niveaux économiques comparables révèle des résultats qui diffèrent, ce en raison de l'application de politiques différentes. Les problèmes de ségrégation et de discrimination sur la base du genre sont analysés, dans ce travail, par le biais de la situation dans les services publics, ce choix se justifiant par le fait que la situation dans ce milieu est tout particulièrement révélatrice des politiques mises en œuvre par les pouvoirs publics. Elke Scheffelt consacre le premier chapitre à une analyse de la politique de l'emploi à travers le prisme de l'égalité des genres, ce qui lui permet d'aborder dans ce cas la dimension européenne et internationale. Elle s'intéresse ensuite au développement des politiques sociales et de l'emploi dans chacun des deux pays au fil des décennies. Un autre chapitre est consacré à la place des femmes dans l'État, l'auteur y étudiant aussi la manière dont cette question est traitée par les politiques européennes. Un ouvrage très complet sur une question qui ne peut laisser personne indifferent.
(JD)
*** MARGARIDA DURAES, ANTOINETTE FAUVE-CHAMOUX, LLORENC FERRER, JAN KOK (sous la dir. de): The Transmission of Well-Being. Gendered Marriages Strategies and Inheritance Systems in Europe (17th - 20th Centuries). Peter Lang (voir coordonnées supra). 2009, 525 p., 49,90 €. ISBN 978-3-0343-0056-8.
Cost - acronyme pour Coopération européenne en science et technologie - est le plus ancien et le plus vaste réseau intergouvernemental de coopération en matière de recherche qui soit en activité en Europe. Conçu dans ce contexte et sous la tutelle de quatre historiens actifs dans diverses universités européennes, ce livre propose une sélection de papiers présentés lors du deuxième symposium Cost en 2007 qui avait porté sur le thème de la transmission des richesses - et donc du bien-être - dans le cadre familial. Le choix du thème découle du fait que, dans toute société, les plus pauvres en particulier, la distribution des ressources entre et dans les familles est l'un des éléments clefs qui détermineront le bien-être des individus. Dans ce cas, les auteurs ont choisi d'examiner le rôle de la femme dans les sociétés européennes au cours des trois derniers siècles. À cette fin, ils vérifient dans quelle mesure le mariage, les systèmes d'héritage et la cellule familiale ont influé sur leur capacité à gérer et à accéder à des biens matériels, lors du veuvage entre autres. Ils étudient aussi les stratégies que ces femmes ont développées pour faire face à des législations qui leur étaient souvent défavorables, ainsi que la mesure dans laquelle l'introduction du Code civil et de lois familiales ont changé la donne à partir du 19ème siècle. Les auteurs abordent d'abord les coutumes de mariage en Europe depuis le 15ème siècle et explorent les différents moyens de contrôle et de survie que ces stratégies cherchaient à mettre en place. Dans la majeure partie des cas, le but était d'assurer la survie des générations futures, mais cet objectif se corsait lors du décès du père de famille. En effet, la transmission des biens familiaux n'était pas souvent aisée pour les femmes, fait que les auteurs analysent à travers les coutumes de succession en vigueur au Portugal, en France et aux Pays-Bas pendant les 18ème et 19ème siècles. Souvent, les veuves cherchaient à se remarier afin de recouvrer la sécurité, mais il en était d'autres, et beaucoup même, qui arrivaient à s'assumer, devenaient le chef de famille et vivaient encore de longues années sans présence masculine. Bien évidemment, le mariage, bien que très répandu, n'était pas la condition sine qua non pour la survie des femmes. Beaucoup choisissaient de ne pas se marier et arrivaient à assurer leur bien-être. Comme le montre l'étude, ces femmes ont dû développer toutes sortes de stratégies pour assurer que la transmission de leurs biens à leurs enfants, nés en dehors du mariage, puisse s'effectuer. En conclusion, un ouvrage au caractère académique marqué, mais qui peut s'adresser à quiconque est intéressé par l'histoire et l'évolution des droits des femmes en Europe.
(NDu)
*** VALÉRIE ROSSO-DEBORD: Retraites: les voies de la réforme. Commission des Affaires européennes (Boutique de l'Assemblée nationale, 7 rue Aristide Briand, F-75007 Paris. Tél.: (33-1) 40630033 - Internet: http://www.assemblee-nationale.fr ). Collection « Documents d'information », n° 2700. 2010, 117 p., 5 €. ISBN 978-2-11-131149-7.
Très dense et bourré de graphiques, ce Rapport d'information expose les conditions dans lesquelles les partenaires européens de la France, ainsi que quelques autres pays comme les États-Unis, le Japon et le Canada, ont réformé leurs régimes de retraite, en expliquant aussi en quoi leurs modes d'organisation diffèrent d'un pays à l'autre.
(MT)