Bruxelles, 06/12/2010 (Agence Europe) - L'impératif de parvenir à atteindre les objectifs du millénaire pour le développement (OMD) quelles que soient les contraintes budgétaires imposées par la crise économique mondiale a été le leitmotiv des intervenants à l'ouverture de la cinquième éditions des journées européennes du Développement (JED), lundi 6 décembre à Bruxelles. Qualifiant cet événement de « forum majeur sur l'agenda international du Développement », José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, a précisé que les JED, co-organisées par la Commission européenne et la Présidence belge de l'UE, sont aussi 'la fenêtre de l'Europe sur le monde en développement'. La participation des représentants au plus haut niveau des institutions financière multilatérales, comme Dominique Strauss-Kahn, directeur du FMI, des agences des Nations unies, des ONG et Fondations, de centres de recherche et de think tanks, d'agences de développement et de pays partenaires en témoigne.
Un élément du SEAE« Cette année les journées européennes du développement tombent à un moment décisif de notre calendrier politique. Nous avons mis la touche finale à notre service européen d'Action extérieure. À l'heure où il ouvre ses portes, c'est le moment de souligner une fois de plus le rôle important que joue le développement au cœur de nos relations extérieures », a déclaré M. Barroso. Au lendemain du sommet des Nations unies qui, a New York (en septembre), a vu les dirigeants de la planète reconfirmer leur engagement d'atteindre les OMD à l'horizon prévu de 2015, le président considère que cet objectif est « la tâche la plus ambitieuse que le monde se soit jamais fixée ». Et d'ajouter cependant: « Malgré les difficultés, je suis toujours convaincu que ces objectifs peuvent être atteints. C'est un impératif moral que de mobiliser toutes ses forces pour les atteindre ». Mais il faut pour ce faire « combler le gouffre existant entre notre indignation et une action résolue ».
Des responsabilités conjointes. Ce défi « conjoint », exige que « les pays développés assument la responsabilité et l'obligation d'aider les pays en développement à sortir de la pauvreté, mais aussi que les pays en développement assument la responsabilité première qui leur incombe de respecter la bonne gouvernance ». Évoquant la victoire confisquée du président élu, Alassane Ouattara en Côte d'Ivoire, et le refus de Laurent Gbagbo de s'incliner devant le résultat des urnes (voir autre nouvelle), M. Barroso a souligné qu'une telle situation n'est pas une fatalité. Pour preuve, « nous avons vu la situation inverse dans un pays voisin, la Guinée Conakry qui a été ravagée par les mêmes problèmes que la Côte d'Ivoire dans un passé récent. Là, le président sortant a aussi perdu les élections, mais contrairement à ce qui s'est passé en Côte d'Ivoire, il s'est incliné devant les résultats », a-t-il dit, ce qui prouve que « le leadership politique, la stature d'homme d'État et le respect de la volonté des peuples font partie intégrante de l'équation du développement ». Le président s'est dit confiant dans « l'Afrique moderne qui est en mouvement en dépit de graves problèmes persistants ». Et de se réjouir qu'au cours des neufs premiers mois, la part de l'Afrique dans les échanges de marchandises de l'UE ait augmenté pour atteindre 9%.
Un nouveau paradigme. M. Barroso a salué le « nouveau paradigme du développement » en vertu duquel « les pays du G20 qui représentent environ 80% de la richesse mondiale » ont reconnu, à Séoul, la responsabilité qui leur revient de « mener des politiques qui encouragent la croissance, stimulent le commerce et l'investissement et s'attaquent aux défis globaux comme le changement climatique et la pauvreté ». En 2011 dans quelques mois, il conviendra, à la conférence internationale d'Istanbul sur les pays les moins avancés de « renforcer la résistance de ces États aux chocs extérieurs ». Andris Piebalgs, commissaire européen au Développement a appelé de ses vœux davantage d'engagement de la part des Européens envers la politique de développement.
Le Prince Philippe de Belgique a estimé que « l'émergence du concept Développement durable a créé un tournant au sommet de Rio » en mettant sur le même pied la dimension sociale économique et environnementale. « Développer tout homme et tout l'homme pour le rendre capable de prendre son destin en main, c'est l'objectif ultime du développement ».
Courage et lucidité pour faire mieux. Yves Leterme, le Premier ministre belge, a estimé que ces JED sont « une étape clé pour faire le bilan des progrès engrangés et réfléchir à comment faire mieux ». La Belgique fait de la politique du développement une vraie priorité, en dépit de la crise économique et est en passe d'atteindre 0,7% du PIB pour son niveau d'aide publique au développement, a-t-il souligné. Et de féliciter « les autres qui ont le courage et la volonté d'atteindre cet objectif en dépit de contraintes budgétaires, pour faire le choix de la solidarité et du futur». L'UE et ses partenaires doivent continuer à viser l'éradication de la pauvreté et le développement humain, estime Yves Leterme qui précise: « Le développement humain, c'est bien plus que le développement économique. C'est aider les personnes à utiliser leur plein potentiel et à optimiser leurs choix. La pauvreté est un facteur d'exclusion sociale empêchant l'exercice d'autres droits fondamentaux ». Selon lui, « L'Europe doit persévérer dans sa politique de coopération au développement en réévaluant ses programmes en étant lucide». (A.N.)