Bruxelles, 06/12/2010 (Agence Europe) - Le « leadership » européen dans le secteur aérospatial ne pourrait être maintenu sans « un investissement durable » dans la recherche et la technologie, estime l'Association des industries aérospatiale et de la défense (ASD). Dans une déclaration politique, adoptée le 3 décembre à l'issue d'une série de conférences organisées la semaine dernière à Bruxelles, l'ASD demande le développement d'une politique industrielle de l'UE en matière d'aéronautique. Elle plaide aussi en faveur du déploiement de SESAR (le programme visant à développer les nouvelles technologies de gestion du trafic aérien en Europe) et de l'introduction dans le 8ème programme cadre de la recherche d'une ligne thématique spécifique dédiée à l'aéronautique.
L'Association, qui regroupe en son sein les principaux consortia de l'industrie aéronautique européenne (comme EADS Astrium, Airbus, BAE Systems, Dassault, Finmeccanica, Safran ou Thales), recommande également: - d'accorder plus d'attention à l'aviation en Europe, aussi bien dans le cadre des politique de recherche et d'innovation que des politiques environnementales ; - d'établir une feuille de route pour les engagements futurs en matière de recherche et technologie en vue de développer une nouvelle génération d'aéronefs (prenant notamment en compte les essais du secteur visant à développer des avions capables d'utiliser des biocarburants à la place du kérosène) ; - de réinvestir les revenus générés par le système européen d'échange des quotas d'émission de gaz à effet de serre (ETS), qui entre en vigueur dès 2012, dans la recherche et technologie aéronautique et les infrastructures de gestion du trafic aérien en Europe ; - d'élaborer un programme qui viserait à assurer une production à grande échelle des biocarburants pour l'aviation. Quant à SESAR, l'ASD estime que le soutien européen (en plus du financement privé) est nécessaire pour assurer les économies d'échelle ainsi qu'une harmonisation technologique au niveau européen. La phase de déploiement du programme coûterait à l'industrie quelque 30 milliards d'euros sur quinze ans (23 milliards pour l'industrie civile et 7 milliards pour l'industrie militaire), un effort que l'ASD propose de soutenir par un financement de l'UE à hauteur de 4 milliards d'euros inscrits dans le futur cadre financier de l'UE (2014-2020). Pour comparer, l'investissement annoncé par les États-Unis dans le système NEXTGEN - l'équivalent américain de SESAR, est d'environ 50 milliards d'euros sur une période comparable. (A.By.)