Bruxelles, 06/12/2010 (Agence Europe) - Si le Conseil Énergie a apporté, selon la présidence belge, un « large soutien » à la nouvelle stratégie énergétique commune à l'horizon 2020 proposée début novembre par la Commission européenne, les Vingt-sept n'ont pas caché leurs divisions sur la question du financement des 1000 milliards d'euros nécessaires d'ici dix ans pour moderniser et renforcer les infrastructures énergétiques de réseau et de capacités dans l'UE. La crise économique semble avoir pris le dessus sur la solidarité. Présentant sa stratégie aux ministres vendredi 3 décembre, le commissaire à l'Énergie Günther Oettinger a lancé un nouvel avertissement à l'adresse des capitales: dans le cas des infrastructures de gaz et de l'électricité, « nous sommes de retour au 19ème siècle, nous devons injecter de l'argent ». Si, lors de ce premier échange de vues, les États membres les moins riches et dans les régions périphériques de l'Europe ont souligné l'importance d'un soutien financier communautaire pour le renforcement des infrastructures, les pays plus riches, qui devraient en payer la facture, se sont montrés beaucoup plus réticents. Ainsi, l'Allemagne, la France et les Pays-Bas se sont montrés critiques quant au financement communautaire, insistant sur la prise en charge du seul marché et de l'industrie. De leur côté, à l'instar de la Slovaquie, qui a insisté sur l'insuffisance du seul marché pour réaliser les investissements nécessaires, Chypre, l'Estonie, l'Irlande, la Lituanie, Malte et le Portugal ont insisté sur la nécessité que les décisions à l'appui de nouvelles infrastructures prennent en considération les besoins des régions les moins favorisées et isolées au nom de la solidarité entre États membres. La division sur cette question au Conseil laisse présager des débats mouvementés lors du Conseil européen consacré à l'énergie, qui planchera sur ce dossier le 4 février 2011. (E.H.)