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Bulletin Quotidien Europe N° 10265
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/onu/climat

Pour CanCún, le Parlement européen ne désarme pas

Bruxelles, 26/11/2010 (Agence Europe) - Pour Cancún, le Parlement européen persiste et signe. Quelques jours avant l'ouverture de la 16ème conférence climatique onusienne (COP 16, 29 novembre-10 décembre), la position très ferme qu'il a officiellement adoptée jeudi 25 novembre à Strasbourg tranche avec le mandat de négociation pragmatique et nuancé arrêté pour la COP 16. Les eurodéputés invitent l'UE à améliorer sa diplomatie climatique pour se faire entendre, à « réitérer publiquement et sans équivoque son engagement envers le Protocole de Kyoto » et surtout à se montrer plus ambitieuse dans l'intérêt de sa propre croissance économique, au bénéfice du climat et au nom du principe de la 'justice climatique' due aux pays en développement les plus vulnérables au réchauffement.

Ceux des parlementaires qui plaidaient en faveur du passage de 20% à 30% pour la réduction des émissions offerte par l'UE à l'horizon 2020, quelle que soit l'issue des négociations, l'ont en effet emporté sur les partisans du pragmatisme réaliste (EUROPE n° 10263). Cela, à la grande satisfaction des Verts/ALE, des sociaux-démocrates, de l'ADLE et de la GUE, lesquels avaient répété à l'envi que 20% correspondait au statu quo puisque la crise économique est passée par là, mais au grand dam du groupe PPE. Les chrétiens-démocrates ont d'ailleurs voté contre la résolution, qualifiée d''utopie verte' par Karl-Heinz Florenz (PPE, allemand).

Être unis et plus réactifs. Le Parlement demande aux chefs d'État et de gouvernement du monde entier de « faire preuve d'une véritable autorité et d'une véritable volonté politique pendant les négociations ». La Commission et les États membres de l'UE sont, quant à eux, instamment invités à « aplanir leurs divergences concernant l'affectation des terres, le changement d'affectation des terres et la foresterie (Lulucf) et les droits d'émissions excédentaires (AAU), à parler d'une seule voix et à améliorer leur procédure interne de prise de décision afin d'être capables de réagir plus rapidement pendant le déroulement des négociations », qu'ils n'ont réussi à le faire à Copenhague. Le Parlement insiste sur l'urgente nécessité de décisions concrètes sur: le financement (volume, sources, gouvernance) en faveur des pays en développement, en veillant à ce que ces ressources soient bien additionnelles et non du recyclage de l'aide au développement ; l'adaptation ; la sylviculture ; l'efficacité des ressources ; les transferts de technologie ; la surveillance, la notification et la vérification des réductions (MRV).

De l'argent frais pour restaurer la confiance. Rappelant qu'à Copenhague les pays développés se sont engagés à fournir au moins 30 milliards de dollars de ressources additionnelles pour 2010-2012 (au titre du 'financement à mise en œuvre rapide') et 100 milliards de dollars par an à l'horizon 2020, il rappelle aussi que la contribution collective de l'UE aux efforts d'atténuation et aux besoins d'adaptation des pays en développement ne devrait pas être inférieure à 30 milliards d'euros d'argent frais par an d'ici à 2020. Le Parlement estime que le déboursement effectif et dans les temps des 7,2 milliards d'euros promis par l'UE pour 2010-2012 est 'le facteur clé' pour rétablir un climat de confiance à l'entame de Cancún et pendant la COP16. Selon le GIEC - dont les principales conclusions de 2007 ont été réhabilitées par l'ONU après les attaques dont elles ont fait l'objet -, maintenir la hausse de la température moyenne en dessous de 2 degrés Celsius exige que les émissions mondiales culminent d'ici à 2015 au plus tard pour être réduites d'au moins 50% d'ici à 2050 (par rapport à 1990). Or, les promesses sur la table sont loin du compte, déplorent les eurodéputés.

30%, un bonus pour la croissance verte. Comme la Commission l'avait fait dans sa son analyse des mesures nécessaires pour atteindre 30% de réduction, le Parlement estime que la poursuite d'un objectif de réduction supérieur à 20% est faisable et dans l'intérêt de l'UE car cela 'renforcera à la fois les emplois verts, la croissance et la sécurité'. Le Parlement invite l'UE à soutenir activement le mécanisme REDD + sur la réduction des émissions provenant de la déforestation et de la dégradation des forêts, afin de mieux identifier les facteurs de déforestation et de garantir la participation effective des populations autochtones et des communautés locales au processus de vérification et de notification. L'UE est également instamment invitée à faire en sorte qu'à Cancún, le mécanisme REDD comporte des mécanismes ou un code de conduite propres à garantir le respect des droits des populations vivant dans les forêts et un coup de frein effectif à la déforestation. (A.N.)

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