Bruxelles, 15/11/2010 (Agence Europe) - Le sommet de l'UpM (Union pour la Méditerranée) est reporté et aucune nouvelle date n'a encore été fixée pour sa tenue. Les chefs d'État et/ou de gouvernement devaient se réunir le 21 novembre à Barcelone et, à la fois, donner une impulsion aux pourparlers de paix du Proche- Orient, et remettre sur les rails le processus euroméditérranéen.
Lancée en juillet 2008, l'UpM a vu son démarrage entravé par les retombées politiques du conflit israélo-palestinien et aussi par des divergences sur la structuration, le budget et le contenu de ce dialogue entre l'UE et les pays riverains de la Méditerranée, plus la Mauritanie, la Jordanie et des pays des Balkans.
Le report est acquis à la faveur d'une sorte de constat de carence générale, depuis le dernier forcing opéré par l'ancien ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Ángel Moratinos, chargé par son pays de tenter un dernier « baroud d'honneur ». Ses ultimes contacts à Paris, jeudi 11 novembre, avec ses ex-homologues français et égyptien (coprésidents de l'UpM), se sont prolongés vers Tunis, Alger et Tanger. Il n'y a recueilli, malgré son engagement personnel, qu'un refus poli et le rappel que rien ne sera possible sans progrès dans le processus de paix. Un incident a même émaillé la visite à Tunis où le gouvernement de ce pays a fait une nette mise au point après des déclarations de M. Moratinos laissant entendre qu'une réponse positive lui avait été donnée par le chef de l'État.
Ce report, le deuxième après celui du 7 juin, prouve, comme ce fut le cas dans le processus de Barcelone (1995-2008), que le dialogue euroméditerranéen ne pourra que difficilement échapper l'impact négatif des piétinements à répétition du processus de paix. D'où, l'idée qui a cours au sein de quelques délégations de recourir à une remise à plat, d'autant que plusieurs zones d'ombre subsistent en Europe sur la manière dont il faudra gérer l'UpM et si les principes énoncés par le Traité de Lisbonne en matière de représentation extérieure de l'UE seront applicables ou non. Catherine Ashton, Haut représentant pour la politique extérieure, serait convaincue que la coprésidence de l'UpM revient de fait à la représentation commune européenne (sortant l'UpM de la conception intergouvernementale qui a prévalu au cours des dernières années, même si elle n'était qu'implicite), quitte, comme elle l'a écrit aux 27 ministres des Affaires étrangères de l'UE, à s'accommoder d'une période de transition. Celle-ci donnera le temps d'achever la mise en place de la diplomatie commune. Le point, sur la relation entre l'UE et l'UpM, devrait être à l'ordre du jour du Conseil « Affaires générales » du 22 novembre mais il n'est pas sûr qu'il y soit maintenu après le report du sommet de Barcelone, indique une source communautaire.
Ce report n'aura toutefois pas d'incidence directe sur les décisions « techniques » (budget, programme de travail, identification des projets, etc.) examinées et finalement adoptées le 12 novembre à Bruxelles par les hauts fonctionnaires, qui forment l'autorité de référence du processus. Il s'agit surtout du budget fixé à plus de 6 millions d'euros annuels (dont 3 fournis par des ressources du budget communautaire). L'Espagne et la France ont promis de verser un supplément. Mais aucun autre des 43 pays membres n'a à ce stade donné d'indications sur sa contribution aux dépenses communes et certains opteraient pour des participations en « nature », par l'envoi de personnels détachés. (F.B.)