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Bulletin Quotidien Europe N° 10256
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) conseil acp

Le sommet UE/Afrique doit débloquer la négociation des APE

Bruxelles, 15/11/2010 (Agence Europe) - Le groupe des pays ACP (Afrique/Caraïbe/Pacifique) est déterminé à se repositionner dans ses relations avec l'UE et sur la scène internationale, et à se battre pour que les accords de partenariat économique (APE), négociés avec l'UE, soient bien favorables au développement durable et renforcent bien l'intégration régionale ACP. En cette période de mutation de l'UE et à quelques jours du troisième sommet UE/Afrique (Libye, 29 et 30 novembre) qui doit consolider le partenariat bilatéral entre l'UE et l'une des sous-régions ACP, la 92ème session du Conseil ACP a été dominée par l'avenir du groupe et les négociations commerciales dans l'impasse (EUROPE n° 10253).

« Avec l'expiration de l'accord de Cotonou dans dix ans et l'entrée en vigueur, en décembre dernier, du Traité de Lisbonne, le groupe ACP est conscient qu'il est temps de discuter sérieusement de son propre avenir. Le Conseil a adopté une proposition pour créer un groupe de travail des ambassadeurs sur les perspectives futures du groupe ACP », a expliqué à la presse Carolyn Rodrigues-Birkett, ministre des Affaires étrangères du Guyana qui a présidé le Conseil. L'ambition du groupe est de confier au secrétariat ACP un nouveau rôle, qui aille bien au-delà de la « cuisine interne » pour faire entendre la voix des 79 pays ACP et forger des alliances sur la scène internationale.

De nouvelles alliances avec les pays émergents ? De nombreux facteurs alimentent les craintes du groupe ACP de disparaître en tant que tel et cette volonté de se repositionner. « Le Traité de Lisbonne ne fait pas de référence expresse au partenariat de longue date entre l'UE et les pays ACP. On ignore si le FED sera intégré dans le budget et si les pays ACP pourront bénéficier à l'avenir de sources de financement prévisibles. On craint l'affaiblissement du partenariat ACP/UE », souligne Mohamed Ibn Chambas, secrétaire général du groupe. Il n'est que de constater l'accent mis par l'UE sur ses relations avec ses voisins à l'Est et avec l'Amérique du Nord, et la refondation de ses relations avec l'Afrique et la Caraïbe via des stratégies bilatérales.

« Les ACP doivent se repositionner pour être plus efficaces. Nous nous rendons compte qu'en dépit de notre nombre, nous n'avons pas utilisé la puissance de notre masse critique: nous sommes la majorité des États pauvres », fait observer M. Ibn Chambas. Le nouveau positionnement du groupe devra permettre de « tirer les avantages offerts par d'autres partenariats, avec des pays émergents d'Amérique latine et d'Asie », précise-t-il. Partant, le secrétariat du groupe ACP devra agir « en tant qu'organisation intergouvernementale qui n'ait pas pour unique vocation de convoquer des réunions » mais de « mieux servir les intérêts de nos membres ».

Si l'UE redoute que les APE plombent le troisième sommet UE/Afrique, le groupe ACP, lui, estime que le dossier doit être porté au plus haut niveau politique. Aussi compte-t-il sur l'imminent sommet UE/Afrique pour débloquer les négociations. Le Conseil ACP, vivement préoccupé par l'absence de progrès dans les négociations et par « les fortes pressions exercées par les négociateurs européens pour amener les ACP à signer des accords qui ne prennent pas pleinement en compte leurs préoccupations et leurs intérêts », a adopté une résolution pour demander la prise en compte des asymétries requises dans la libéralisation des échanges, eu égard aux niveaux de développement des pays ACP.

APE: appel à la flexibilité de l'UE. «Nous disons que les différents États ACP doivent accélérer leurs efforts pour conclure les négociations. Dans le même temps, nous pressons l'UE de faire preuve d'une plus grande flexibilité et compréhension en éliminant certains obstacles qui s'opposent à l'achèvement rapide et fructueux des négociations. En particulier, nous appelons l'UE à faire preuve de courage politique pour donner corps à la flexibilité requise et montrer qu'elle est sensible aux besoins des pays les moins développés et aux pays vulnérables, en gardant à l'esprit l'éventail des flexibilités existantes dans les accords commerciaux régionaux déjà notifiés à l'OMC. En recherchant une solution rapide à l'impasse actuelle, nous invitons le sommet UE/Afrique à s'attaquer aux défis clés qui inhibent le progrès en vue de parvenir à une solution mutuellement acceptable pour toutes les parties concernées », a résumé la présidente du Conseil.

Le groupe ACP invite l'UE à maintenir l'application du règlement d'accès au marché des produits ACP (règlement 1528) jusqu'à la conclusion et la mise en œuvre des APE complets, et à étendre ce régime aux États ACP non-PMA toujours en négociation, qu'ils aient ou non paraphé un APE intérimaire ou complet.

L'UE est également invitée à inclure dans les APE une clause de sauvegarde spécifique pour l'agriculture tout en maintenant la possibilité pour les États ACP de recourir au mécanisme de sauvegarde spéciale (MSS) lors des négociations à l'OMC. Cela, parce que l'agriculture constitue le pilier des économies de la plupart des pays et régions ACP et qu'il convient de protéger les moyens de subsistance des nombreux petits exploitants agricoles. Les régions ACP composées majoritairement de PMA devraient, quant à elles, bénéficier du régime « Tout sauf les armes », estime le Conseil ACP, convaincu qu'une telle offre est défendable à l'OMC. (A.N.)

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