Bruxelles, 15/11/2010 (Agence Europe) - À cause de divergences en son sein sur le niveau des quotas de thon rouge pour l'an prochain, l'Union européenne pourrait se retrouver dans une situation très inconfortable, sans position commune à défendre mercredi 17 novembre, lors du coup d'envoi, à Paris, de la réunion de la CICTA (Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique). L'UE se donne une nouvelle chance de trouver un compromis sur le thon rouge, lors de la réunion, mercredi 17 novembre, du COREPER (Comité des représentants permanents des États membres auprès de l'UE).
La Commission européenne propose une réduction des quotas de thon rouge pour l'an prochain, mais les États membres qui comptent des pêcheurs de ce poisson continuent de défendre le maintien des limites actuelles de captures pour ce poisson (EUROPE n° 10254). Lors de la réunion, vendredi 12 novembre, du COREPER, les pays concernés par la pêche au thon rouge, dont la France, l'Espagne et l'Italie, ont demandé que le mandat à donner à la Commission pour négocier au nom de l'UE au sein de la CICTA comporte que le TAC (total admissible de captures) total de thon rouge soit « maintenu » (au niveau de 2010), soit à 13500 tonnes, conformément à l'avis scientifique. D'autres pays, comme le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Suède, ou encore l'Allemagne, préconisent que la position de l'UE soit de défendre, comme le souhaite la Commission, une « réduction » du TAC conformément à l'avis scientifique. On le voit bien, c'est l'interprétation de l'avis scientifique qui pose problème.
Jean-Marc Fromentin, chercheur à l'Ifremer à Sète et membre du comité scientifique de la CICTA, assure que la reconstitution du stock de thon rouge pourrait être atteinte d'ici 2022 avec une capture équivalente ou inférieure au quota alloué au niveau mondial en 2010, soit 13 500 tonnes, à condition de maintenir les mesures de contrôle. Selon lui, le dernier avis du comité scientifique de la CICTA « montre une amélioration sensible de l'état du stock du thon rouge par rapport aux évaluations précédentes ». Ce résultat positif résulte de la mise en place en 2007 d'un plan de reconstitution contraignant et d'un très net renforcement des mesures de contrôle à partir de 2008. « D'ailleurs, le comité scientifique de la CICTA ne mentionne plus de risque d'effondrement du stock comme par le passé. Ceci étant, les efforts de gestion doivent se poursuivre encore sur plusieurs années car le niveau de biomasse est encore trop faible et très en deçà du niveau de référence requis », explique-t-il.
La Commission, de son côté, préfère prendre en compte l'estimation plus prudente de l'avis scientifique, signalant qu'une réduction du TAC est nécessaire pour parvenir en 2020 à un stock de thon rouge en bon état. (L.C.)