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Bulletin Quotidien Europe N° 10150
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/agriculture

La future politique agricole commune devrait contenir des instruments destinés à prévenir et atténuer la volatilité des prix

Bruxelles, 01/06/2010 (Agence Europe) - Le débat des ministres de l'Agriculture des États membres de l'UE sur les contours de la politique agricole commune (PAC) après 2013, qui s'est tenu mardi 1er juin à Mérida (ouest de l'Espagne), a montré que l'idée de trouver des outils pour prévenir et éviter la volatilité des prix des denrées alimentaires fait son chemin. Une majorité de ministres européens de l'Agriculture a plaidé en faveur du maintien, après 2013, d'une PAC forte avec des mécanismes, éventuellement remaniés, pour gérer et réguler les marchés. Une conférence aura lieu les 19 et 20 juillet à Bruxelles pour faire le bilan du grand débat citoyen sur l'avenir de la PAC lancé en avril dernier par la Commission européenne. Puis vers la fin de l'année 2010, la Commission présentera une communication sur la réforme de la PAC après 2013, avant des propositions législatives vers le milieu de l'année prochaine. La PAC réformée devrait entrer en vigueur à partir du 1er janvier 2014.

La ministre espagnole Elena Espinosa a dit en conférence de presse que « la majorité des États membres souhaite que l'agriculture joue un rôle central pour faire face aux grands défis qui existent en Europe, comme la durabilité et le changement climatique, et pour fournir une alimentation saine, sûre et de qualité à l'ensemble de la population ». Beaucoup de pays ont dit aussi qu'il faut produire « davantage avec moins ». L'agriculture peut aussi jouer un rôle dans le combat contre la crise économique actuelle. « L'agriculture fait partie de la solution » pour aider l'Europe à sortir renforcée de la crise et pour « jeter les bases d'une économie durable », a dit la ministre espagnole, avant d'ajouter: « Nous souhaitons le maintien d'une PAC forte en lien avec la recherche, l'innovation et la compétitivité ». Les ministres ont préconisé aussi « une révision des instruments de la PAC pour atteindre ces objectifs », a conclu Mme Espinosa, en évoquant notamment le besoin de trouver des réponses à la volatilité des prix et d'avoir un meilleur fonctionnement de la chaîne alimentaire. À noter que près de 10 000 agriculteurs espagnols ont manifesté dans les rues de Mérida pour demander la démission du Premier ministre espagnol José Luis Zapatero et de Mme Espinosa, en raison de l'ampleur de la crise qui touche le secteur.

Dacian Ciolos, le commissaire européen à l'Agriculture, a rappelé que « l'agriculture n'est pas un secteur économique comme les autres ». L'agriculture de l'avenir doit être compétitive sous tous les angles (économique, environnemental et social), a poursuivi M. Ciolos. Interrogé sur le futur budget de la PAC, il a dit que l'UE aura besoin d'une « PAC forte, consistante » et qui mette mieux en évidence « ses objectifs et les instruments grâce auxquels elle veut atteindre ses objectifs ». La réforme de la PAC devra conduire à rendre plus efficaces les instruments utilisés. « Pour moi, réformer ne veut pas dire affaiblir la PAC », a-t-il fait valoir.

Un « paquet de mesures » contre la volatilité des prix. Pour traiter de la volatilité des prix des marchés, « on a tout d'abord besoin de systèmes d'intervention sur les marchés, mais utilisés comme filet de sécurité et non pas comme un mécanisme permanent qui augmenterait le budget et fausserait les signaux que les marchés transmettent aux producteurs », a expliqué Dacian Ciolos. Il faudra voir, pour chaque secteur, « comment adapter certains instruments sans que cela n'implique des dépenses budgétaires importantes ». Il faudra aussi, selon lui, trouver des mécanismes complémentaires qui, « autant que possible, empêchent d'arriver à une situation de forte volatilité des prix sur les marchés européens ». Il a cité des mesures visant à: - renforcer le pouvoir de négociation des agriculteurs ; - fixer un cadre de négociation au sein des filières (peut-être dans des organisations interprofessionnelles, comme cela existe déjà dans certains secteurs) ; - prévoir « un système assurantiel » (public, privé, ou mixte, mais avec une contribution des agriculteurs, a précisé le commissaire) « qui pourrait intervenir dans des situations où le revenu des agriculteurs est très fortement affecté en raison de cette volatilité ».

Le commissaire a précisé que certaines de ces mesures de lutte contre la volatilité pourraient être en vigueur avant la PAC post-2013, en particulier dans le secteur du lait (à la lumière des travaux du groupe à haut niveau sur le lait, qui a bientôt achevé sa mission (EUROPE n° 10149).

Le débat sur l'avenir de la PAC a fait ressortir les traditionnelles oppositions entre les pays favorables à une régulation ambitieuse des marchés et les pays dits libéraux favorables à une réforme radicale de la PAC. La ministre britannique de l'Agriculture, Caroline Spelman, a déclaré en marge de la réunion informelle des ministres européens que comme « l'Europe n'a plus d'argent, il faut hiérarchiser les dépenses ». Le nouveau gouvernement britannique (libéral-conservateur) a fait savoir à ses partenaires européens qu'il reste fermement engagé en faveur d'une « réforme radicale de la PAC ». « Nous voulons une PAC qui soit mieux adaptée à nos besoins », les grandes exploitations britanniques ayant des difficultés à satisfaire aux critères d'attribution de nombreux programmes d'aides européennes, a par ailleurs confié Mme Spelman.

Le COPA (Comité des organisations professionnelles agricoles de l'UE) et la COGECA (Confédération générale des coopératives agricoles de l'UE) ont demandé que l'UE renforce « le rôle économique des agriculteurs dans la production de denrées alimentaires afin qu'ils puissent jouer un rôle clé dans la stratégie UE 2020, en préservant 28 millions d'emplois dans les zones rurales ». (L.C.)

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