Bruxelles, 01/06/2010 (Agence Europe) - Après l'opération militaire israélienne contre « La Flottille de la Paix » à destination de Gaza, les réactions d'indignation se multiplient. Certains appellent à une réponse forte de l'UE vis-à-vis d'Israël.
« Je suis profondément choqué », a indiqué Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères, suite à l'opération militaire israélienne contre « La Flottille de la Paix » à destination de Gaza. « Rien ne saurait justifier l'emploi d'une telle violence », ajoute-t-il, estimant que « ces événements nous rappellent que la situation actuelle à Gaza n'est pas tenable et appelle une réponse politique urgente ». Et d'assurer: « Nous prendrons toutes les initiatives nécessaires pour éviter que cette tragédie ne donne lieu à de nouvelles escalades de violence ».
Au Parlement européen, le socialiste français Kader Arif juge cette attaque « moralement inacceptable » et appelle à « une réaction ferme ». Très prochainement, le Parlement européen devra à nouveau se prononcer sur le rehaussement des relations avec Israël, dans son volet commercial, rappelle
M. Arif qui est responsable de ce dossier pour le groupe socialiste au Parlement. « Je maintiendrai la position exprimée par mon groupe en 2008 au moment de la tragique intervention militaire israélienne à Gaza: tant qu'il n'y aura ni respect du droit international, ni levée du blocus contre Gaza, ni réel engagement pour la paix, je dirai non à ce rehaussement », explique-t-il. Pour Tokia Saïfi (PPE, française), qui s'exprime dans une déclaration au nom de la commission politique, de la sécurité et des droits de l'Homme de l'APEM (Assemblée parlementaire euro-méditerranéenne), « ce n'est pas en réagissant de la sorte qu'Israël orientera de façon positive le dialogue en faveur de la paix et permettra une résolution pérenne du conflit au Proche-Orient ».
Au sein de l'UpM (Union pour la Méditerranée), le report du sommet du 7 juin rappelle que le Proche-Orient demeure un sujet prioritaire: « Sous peine de discrédit durable et de paralysie totale, le 2ème Sommet de l'Union pour la Méditerranée (sera) conduit à rompre avec le bavardage habituel des forums diplomatiques internationaux pour s'engager résolument sur la voie du règlement de la question palestinienne, sur fond d'un traumatisme de l'opinion mondiale résultant de l'assaut israélien contre le convoi humanitaire européen de Gaza », écrit l'association France-Palestine. Dans un texte commun, les membres du « Tribunal Russell pour la Palestine », groupe formé par d'éminentes personnalités, notamment juives (Gisèle Halimi) et un prix Nobel de la paix (l'Irlandaise Mairead Maguire), appellent quant à eux à « la fin des entraves apportées par Israël à l'aide humanitaire envoyée à Gaza, entraves qui s'apparentent à une forme de châtiment collectif interdit par la 4ème convention de Genève (art. 33) ». Ils demandent l'ouverture d'une enquête internationale sur les circonstances de l'assaut lancé le 30 mai, ainsi que la suspension de l'accord d'association UE/Israël conformément aux dispositions contenues dans cet accord. (F.B.)